Un "bail glissant" pour lutter contre le sans-abrisme ?

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La formule du « bail glissant » permet à une association de prendre un bien en location, pour le sous-louer à un sans-abri. Le but : lui donner toutes les chances de s’en sortir !

L’accès au logement est devenu catastrophique, plus particulièrement à Bruxelles, rappellent en cœur les associations de lutte contre le sans-abrisme. Les loyers augmentent en flèche, alors que les revenus diminuent. Pour les sans-abri, louer un appartement relève du parcours du combattant.

Un problème criant

« Parmi les locataires bruxellois, plus de 50% ont des revenus inférieurs au seuil de risque de pauvreté », rappelle le coordinateur du Rassemblement bruxellois pour le droit à l’habitat, Werner Van Mieghem. Lors d’un colloque qui s’est tenu au mois de mai, les associations de lutte contre le sans-abrisme ont interpellé la Ministre Céline Fremault. Pour la première fois, deux compétences politiques complémentaires (le logement et la lutte contre la pauvreté) sont réunies au sein du même cabinet : un point positif pour travailler efficacement sur cette problématique.

Un bail glissant… rassurant !

Plusieurs pistes d’action viennent d’être publiées dans le rapport issu du colloque organisé par l’AMA (Fédération des maisons d’accueil et des services d’aide aux sans-abris) et Fami Home, en mai dernier. Et celle du « bail glissant » est à épingler. Le concept est simple : une association de lutte contre le sans-abrisme loue un appartement à un bailleur, puis le sous-loue sous contrat d’occupation précaire, à une personne en difficulté. Cela permet d’établir une période transitoire (on parle de 18 mois) durant laquelle le bénéficiaire peut prouver qu’il est capable de prendre en charge le bail.

Soutien financier et social

Autre point constructif : l’association accompagne socialement le locataire concerné, au cours de son bail. Selon la Ministre Céline Fremault, « ce bail glissant constitue un facteur de réussite dans la stabilisation des personnes logées ». Ce système permet au bénéficiaire d’obtenir une certaine durabilité au sein d’un même logement, ce qui constitue un pilier important pour le rétablissement de ses droits ou la recherche d’un emploi. Mais aussi le retricotage de son tissu social. Par ricochet, l’accompagnement social mis en place par l’association, rassure les propriétaires et les incite à mettre leurs biens à disposition des populations défavorisées.

Un sujet d’actualité

Si l’on a l’habitude de se soucier plus massivement du sans-abrisme durant l’hiver, les associations de lutte contre ce fléau rappellent encore que l’été, et à fortiori la canicule, constitue aussi une source de dangers. Déshydratation et problèmes sanitaires touchent de plein fouet les populations à risques. Apporter une réponse globale à la pauvreté et pas seulement à ses symptômes, telle est la revendication des associations du secteur. Elles suggèrent plusieurs pistes de solutions et des chantiers jugés prioritaires durant les 4 années de législature restantes. A suivre !

Sandra Evrard

Infos : www.ama.be ; http://fami-home.e-monsite.com



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