Un ordre des psychologues pour 2017 ?

Un ordre des psychologues pour 2017?

Le 4 mars dernier, un congrès organisé par la Commission belge des psychologues réunissait quelque 1000 praticiens. L’occasion pour Maggie De Block et pour Willy Borsus, de présenter leurs plans pour la profession, dont la création d’un ordre des psychologues.

Ce sont donc quelque 1000 psychologues (sur 10 500 membres) en quête de renseignements sur l’encadrement de leur profession et de débats sur des questions aussi cruciales que le secret professionnel, qui ont répondu à l’appel de la Commission belge des psychologues, vendredi dernier. Parmi les invités du jour : Maggie De Block, la Ministre de la Santé et Willy Borsus, Ministre des Classes moyennes. L’occasion rêvée pour les deux ministres de présenter les changements qu’ils entendent apporter au niveau de la profession et de plaider pour la création d’un ordre ou d’un institut des psychologues (son appelation n’est pas encore arrêtée), qui devrait voir le jour en 2017.

Organe de contrôle

« Maggie De Block et moi prévoyons de mettre en place un organe de droit commun pour les psychologues, sous notre tutelle commune, dans lequel tous les psychologues seront représentés. Cet ordre ou institut des psychologues - la dénomination de l’organe n’a pas encore été déterminée - se basera sur l’expérience de la commission existante », a indiqué le Ministre Borsus. « Il aura une force de frappe encore plus importante. Il s’agit d’un outil au bénéfice de l’ensemble du secteur. Nous serons attentifs à solliciter l’input du secteur dans toute sa diversité, pour ce faire ». Cet ordre aurait donc essentiellement un rôle disciplinaire et de contrôle éthique. Il devrait être habilité à analyser les plaintes des patients, décider des sanctions, voire du retrait du titre de psychologue, en cas de manquements graves.

La chasse aux charlatans

Le futur ordre des psychologues se destinerait donc à contrôler la qualité professionnelle des prestataires et à évincer, tant que faire ce peut, les charlatans du secteur. « Une telle évolution nous permettrait, comme pour les médecins, de mieux contrôler le recyclage des psychologues et de détecter et poursuivre d’une manière proactive les abus de titre. En tant qu’institut professionnel à part entière, nous pourrions par ailleurs gérer nous-mêmes la réglementation de la profession de psychologue clinicien. Cela entraînerait des gains durables de qualité pour toute la corporation et permettrait, qui plus est, d’ouvrir davantage la voie à un remboursement des consultations de psychologie », a confirmé la Présidente de la Commission des psychologues, Catherine Henry.

Les psychothérapeutes, les mal-aimés ?

Ces dernières années, le secteur de la santé mentale est en effet en pleine restructuration, au niveau de son encadrement et de sa reconnaissance, entre autres via la loi Muylle, qui doit entrer en vigueur en septembre. Les changements au niveau de cette loi, annoncés en février par le cabinet De Block, ne sont néanmoins pas de nature à satisfaire l’ensemble des professionnels. Car si la psychologie clinique bénéficie d’une reconnaissance à part entière, la psychothérapie sera par contre considérée comme une spécialisation pour les professionnels ayant préalablement effectué des études dans le domaine des soins de santé (diplômés de psychologie ou orthopédagogie clinique, psychiatres, médecins). Les psychothérapeutes estimants que ce choix n’est pas le plus propice à assurer des soins de santé mentale qualitatifs dans cette filière. Ils craignent aussi une éventuelle supervision du corps médical. Si les professionnels présents lors du congrès attendaient aussi plus de précisions de la part de la Ministre De Block, quant aux mesures transitoires qui devront être adoptées par les praticiens expérimentés non-titulaires des titres requis, ils sont restés sur leur faim ! La Ministre de la Santé, s’étant refusé à plus de précisions. A suivre !

Sandra Evrard

Lire le dossier : Loi sur les professionnels de santé mentale : suite et fin ?



Commentaires - 1 message
  • Je pense qu'il est important que vous précisiez que les psychothérapeutes inquiets sont en majorité ceux qui justement n'ont pas fait le cursus exigés. personnellement je me rejouis de ce projet et n'ai aucune inquiétude quant à une éventuelle supervision ou tutelle du corps médicale puisque le statut conféré par l'article 78 nous impose comme une profession de santé à part entière et donc indépendante.

    Callipsy vendredi 11 mars 2016 09:38

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