Un salaire réduit pour les jeunes afin d'encourager les embauches : stop ou encore ?

Un salaire réduit pour les jeunes afin d'encourager les embauches : stop ou encore ?

La N-VA propose, afin d’inciter l’embauche des jeunes, un salaire inférieur au salaire barémique pendant deux ans pour les moins de 21 ans. Plus le travailleur est jeune, moins son salaire serait élevé.

Les jeunes et les personnes d’origine étrangère éprouvent des difficultés à trouver du travail en Belgique. Le problème se trouve dans les salaires d’entrée élevés, selon de nombreux organismes internationaux. Les employeurs rechignent à embaucher des jeunes actifs, et notamment les moins qualifiés.

Le RMMMG dépassé

Il existe déjà en Belgique un salaire minimum : le Revenu minimum mensuel moyen garanti (RMMMG), qui est aujourd’hui de 1500 euros bruts par mois. Cependant, il n’est que peu plébiscité car les conventions collectives existantes dans le secteur ou l’entreprise sont plus bénéfiques. Un salaire minimum applicable à tous les secteurs résoudrait le problème, pour la N-VA.

Un concept simple

Les employeurs seraient en droit de payer les moins de 21 ans d’un salaire d’environ 1500 euros brut par mois, dans tous les secteurs et faisant fi des barèmes en vigueur. Les travailleurs de 16 ans recevraient 70% du salaire minimum, 76% à 17ans, 88% à 19 ans et 94 % à 20 ans. Au plus tard à 21 ans, ou après deux ans d’emploi, le jeune bénéficierait du système barémique de l’entreprise et recevrait la même gratification que les autres salariés. Cette idée, selon la N-VA, serait moins complexe et moins onéreuse que les aides à l’embauche classique : elle favoriserait également la création d’emploi. Les jeunes étant rarement parents, une rémunération moins importante serait justifiée.

"Une première expérience professionnelle souvent difficile à obtenir"

Jean-François Dondelet, du Syndicat des Indépendants et des PME, rappelle que "le taux de chômage des jeunes, soit le nombre de jeunes au chômage exprimé en pourcentage de la population active, reste élevé en comparaison avec les autres classes d’âge et les autres pays européens. Le chômage des jeunes s’élève en effet à 20 % en Belgique". Selon lui, "cette mesure est une aubaine pour les jeunes peu qualifiés qui va leur permettre d’obtenir une première expérience professionnelle souvent difficile à obtenir, elle va également inciter les patrons à faire plus vite confiance à l’embauche d’un jeune dans l’entreprise". Sans oublier que les sociétés y trouveraient leur compte : "la flexibilité des jeunes est un élément de valeur ajoutée pour une entreprise"

Une idée qui ne fait pas l’unanimité

Cependant, si la réduction du salaire des jeunes devient trop imposante, elle pourrait être très proche de l’allocation de chômage. Et ainsi détourner certains de la volonté de trouver un travail... Philippe Defeyt explique au journal Le Soir que « Si on accompagne cette mesure d’une exonération des cotisations sociales personnelles des travailleurs, la différence avec l’allocation de chômage devrait être suffisante pour qu’on soit au-dessus de l’allocation de chômage ». Pour l’instant, l’Open VLD ne brûle pas d’enthousiasme tandis que le CD&V refuse catégoriquement cette proposition. Seul le MR y reste favorable.



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