Une stratégie transversale contre la hausse constante de la prostitution

Une stratégie transversale contre la hausse constante de la prostitution

En 2015, la Belgique dénombre 26 000 personnes prostituées, contre 23 000 en 2011. Le dernier rapport de la police fédérale, communiquant ces chiffres, inquiète les femmes cdH.

Pour les femmes démocrates humanistes, sous la présidence de Dorothée Klein, il est urgent que la Belgique campe sur de fermes positions en matière de prostitution. Et de réclamer une stratégie transversale pour assurer la protection des prostituées, toujours très exposées à la traite des êtres humains et à de hauts taux de mortalité.

Prostitution et exploitation sexuelle, même combat

Le récent communiqué de la police fédérale faisant état des chiffres actuels de la prostitution en Belgique est inquiétant. En effet, si le nombre de personnes prostituées est en hausse dans le pays, le taux des prostituées victimes d’exploitations sexuelles plafonne à 80%. Selon des chiffres relayés dans le communiqué de presse des femmes cdH paru ce Lundi, il y a pire : Sur l’ensemble de ces 80%, 50% des victimes de traite des êtres humains (TEH) auraient moins de 18 ans, et 75% d’entre elles auraient moins de 25 ans. En outre, 95% des prostituées de rue seraient dépendantes à la drogue et le taux de décès des prostituées serait 12 fois plus élevé que dans les autres professions.

Dans de telles conditions, impossible pour les femmes du parti de Benoît Lutgen d’accepter une position réglementariste, consistant à légiférer et encadrer la prostitution comme une profession légale, pour le moins résignée quant au phénomène.

Assumer une position abolitionniste

Dans leur communiqué de presse, les femmes cdH revendiquent, en outre, la nécessité d’un combat sur tous les fronts de la prostitution. Regrettant un certain laxisme ou une position pas clairement définie, elles rappellent que la Belgique a signé la Convention des Nations Unies, en s’engageant ainsi à combattre la TEH. Or, cette atteinte à la dignité humaine passe, dans le cadre de la prostitution, par l’exploitation sexuelle des prostituées, qui sont très peu nombreuses à travailler indépendamment, même dans les pays réglementaristes. Ainsi, en Allemagne, où la prostitution est légale, 95% à 97% des prostituées exerceraient toujours sous le joug d’un proxénète. Selon le modèle Suédois, les femmes démocrates humanistes encouragent la Belgique à s’affirmer contre l’exploitation et la vente de services sexuels d’autrui, sans incriminer les prostituées disposant de leur corps de façon autonome.

Pour un plan transversal au coeur de l’action politique

Le communiqué des femmes cdH se clôt sur un appel aux pouvoirs politiques d’appliquer leurs propres législations. Elles recommandent pour cela la création d’un plan transversal, soutenu par une commission mixte ad hoc, où les représentants des conseils de femmes pourraient rejoindre les parlementaires. Si le but principal de cette initiative est de protéger et guider les personnes prostituées hors de la profession du sexe, il s’agit également d’endiguer la demande en la sanctionnant davantage. Pour cela, reste à construire un plan d’action s’attaquant à tous les aspects des services sexuels, concernant autant la prostitution de rue que l’exploitation sexuelle sur internet.



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