Vers de meilleurs soins en santé mentale

Vers de meilleurs soins en santé mentale

La réforme 107 œuvre pour une meilleure offre de soins en santé mentale.


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Depuis 2010, la réforme des soins de santé mentale, baptisée « psy107 » en lien avec la loi relative aux hôpitaux et établissements de soins, est d’application dans tout le pays. Son but ? Désinstitutionnaliser les soins de santé mentale, en en faisant une politique de soins intégrés. En fermant des lits dans les hôpitaux psychiatriques et les établissements de soins, les moyens seront réaffectés dans les équipes mobiles qui auront pour objectif le traitement à domicile des problèmes psychiatriques aigus ou chroniques.

Plusieurs fonctions

Dans le but de fournir la meilleure qualité de soins au patient, dans son milieu de vie, un réseau s’est développé entre les acteurs. Les proches, l’usager, les équipes ambulatoires assurent la prise en charge et la continuité des soins. Financé par le SPF Santé publique, le réseau s’organise autour de 5 fonctions :

1) La prévention, la promotion des soins en santé mentale, la détection et le dépistage. Cette fonction regroupe les centres de santé mentale, les maisons médicales, les médecins généralistes, les CPAS, les services de soins à domicile.

2) Les équipes mobiles. Via des hôpitaux promoteurs, ces équipes assurent simultanément les états de crise et le suivi des maladies mentales chroniques.

3) La réhabilitation et l’inclusion sociale. Elle regroupe notamment les centres de jour, toutes les associations de réinsertion sociale et professionnelle, mais aussi celles actives dans le domaine du sport, de la culture, des loisirs.

4) Les soins hospitaliers. Les hôpitaux psychiatriques, les hôpitaux généraux et les hôpitaux de jour y participent.

5) Le logement. Ce sont tous les acteurs actifs dans ce domaine : logements sociaux, maisons d’accueil, services d’aide aux sans-abri, initiatives d’habitats protégés...

Une réforme ‘bottom-up’

La réforme 107 se qualifie de ‘bottom-up’. Cela signifie qu’elle part d’expérimentations du terrain pour en retirer un modèle procédurier. Les équipes mobiles jouent dès lors un rôle central. Dans cette optique de soins intégrés, dans laquelle l’usager et ses proches sont acteurs également, la collaboration entre réseau est primordiale. La réforme modifie la philosophie de prise en charge des usagers en orientant les pratiques vers un soutien communautaire et vers le rétablissement, au détriment de l’offre hospitalière actuelle, trop fournie.

Une meilleure utilisation des moyens

Cette réforme s’inscrit dans un mouvement plus important, qui a débuté dans les années septante. A l’époque, on crée les services de santé mentale (SSM), les maisons de soins psychiatriques (MSP), les initiatives d’habitation protégées (IHP) et les plates-formes de santé mentale. L’objectif est à la fois de réduire le nombre d’hospitalisations, d’humaniser les soins et de faire des économies. Néanmoins, en 2014, l’Union nationale des mutualités libre pointe toujours du doigts le nombre élevé de lits psychiatriques et la longueur des séjours en hôpital (environ 150 lits/100 000 habitants). Les moyens doivent donc être mieux utilisés et centrés sur le patient.



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