Vers un meilleur soutien psychologique pour les victimes de viol

Vers un meilleur soutien psychologique pour les victimes de viol

La secrétaire d’Etat à l’Egalité des chances Elke Sleurs (NV-A) prépare un programme de prise en charge psychologique des victimes de viol. Objectif : encourager les victimes à sortir de l’ombre.

Malgré la destruction psychologique qu’elles ont subie, 10% des victimes de viol trouvent le courage de porter plainte et de revivre la douleur pour témoigner contre leurs agresseurs. Mais pour l’écrasante majorité silencieuse, le crime reste impuni. Pour Elke Sleurs, il faut que l’Etat s’investisse auprès des victimes dans la lutte contre la violence sexuelle en prenant en compte la tragédie physique, mais aussi psychologique qu’elles ont subies.

Un soutien psychologique aux victimes

Les victimes de viols ne seraient que 10% à déclarer avoir subi un sévisse sexuel auprès des autorités. Les 90% restants porteraient le lourd secret , plutôt que de déposer une plainte qui les forcerait à revivre l’horreur. Pour Elke Sleurs, la prise en charge psychologique des personnes victimes de viol doit être une priorité dans son projet de lutte contre la violence sexuelle. La secrétaire d’Etat à l’Egalité des chances a donc annoncé la mise en place prochaine d’une série de mesures visant à améliorer l’accompagnement psychologique des personnes victimes d’abus sexuels.

"Un médecin ou un agent de police ne suffit pas. Nous voulons proposer un accompagnement psychologique", avance la secrétaire d’Etat, selon des propos rapportés par Le Vif-L’express. Fortes d’un accompagnement psychologique adapté et continu, les victimes de viols seront, selon Elke Sleurs, encouragées à dénoncer leurs agresseurs.

Des centres médicaux spécialisés

Elke Sleurs a également évoqué la possibilité de créer des centres médicaux spécialisés, dédiés à la prise en charge des personnes ayant subi une agression sexuelle. Ces centres pourraient être rattachés à des hôpitaux, tout en offrant aux victimes la possibilité d’une meilleure assistance lors des examens médicaux. Pour certaines personnes ayant subi un sévisse sexuel, le test médico-juridique réalisé pour constater le viol peut aggraver le traumatisme. Le projet d’Elke Sleurs, gynécologue de formation, souligne l’importance de garantir un soutien psychologique aux victimes à chaque étape de leur déclaration légale.

Le ressenti des victimes lors du suivi médical est donc un enjeu majeur du plan d’Elke Sleurs. Or, pour certaines femmes, la détresse est d’autant plus grave qu’elles doivent faire face à une grossesse issue du viol qu’elles ont subi. Si les mesures prévues veulent améliorer le soutien psychologique pour ces femmes, on peut raviver la question d’une réforme de la loi sur les interruptions de grossesse, demandées par plusieurs centres de planning familial le mois dernier. Pour rappel, ces associations se sont mobilisées pour le retrait de l’avortement du code pénal et la prolongation du délai à 12 semaines, afin d’endiguer le mal-être social lié au tourisme abortif.

Des formations pour les accompagnateurs

Si le projet de la secrétaire d’Etat n’est encore qu’à un stade embryonnaire, une concertation gouvernementale dans les semaines à venir devrait en préciser les réalités. Toutefois, au vu de ses ambitions, les accompagnateurs médicaux et sociaux peuvent s’attendre à de nouvelles opportunités d’investissement auprès des personnes en difficultés. Les mesures d’Elke Sleurs dans la prise en charge des victimes de viols pourraient aller de pair avec la création de nouvelles formations de spécialisation pour les acteurs du secteur.



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