Violences conjugales : les associations demandent la vigilance policière

Violences conjugales : les associations demandent la vigilance policière

Les associations de prévention et de lutte contre les violences conjugales rappellent que le nombre de victimes ne faiblit pas. Le rôle de la police demeure crucial pour les encadrer en première ligne.


- Les violences intrafamiliales ne sont plus prioritaires pour la police
- Nouveau plan contre les violences intrafamiliales et sexistes

Afin qu’une victime de violences conjugales puisse être reconnue au niveau judiciaire, elle doit préalablement passer par le dépôt d’une plainte à la police. D’où l’importance de la priorité accordée par ces professionnels face à cette démarche, généralement très difficile à entreprendre. « Nous sommes évidemment inquiets du fait que les violences conjugales ne soient plus considérées comme une priorité par la Police, ce qui ne veut pas dire que les victimes ne pourront plus déposer plainte ou qu’elles seront mal reçues par les forces de l’ordre », explique Frédéric Benne, du Centre de Prévention des Violences Conjugales et Familiales. Il rappelle que les policiers possèdent un PV spécifique aux violences conjugales, qui leur permet de rédiger au mieux la plainte. Ce "modèle" devrait subsister. Parallèlement, les bureaux d’aide aux victimes et les sections familles jeunesse ne sont pas, eux, supprimés et poursuivent leur travail.

Suivi judiciaire à améliorer

« Notre crainte est que, petit à petit, les policiers soient moins sensibilisés, formés à l’accueil des victimes, mais surtout à la rédaction des procès-verbaux. C’est un élément crucial pour que le Parquet puisse prendre des décisions en toute connaissance de cause », affirme Frédéric Benne. Si le rôle de la Police est d’intervenir lors d’un appel à l’aide et d’acter la plainte de la victime, le suivi des plaintes est de la responsabilité des parquets. « Le travail de conscientisation et de formation devrait se situer là aussi. Il serait intéressant que le Parquet et la Justice se penchent un peu plus sur la question du sentiment d’impunité que les auteurs peuvent ressentir, car bien souvent ils ne sont pas réellement inquiétés ou même "ennuyés" par les substituts ou les procureurs ».

Eviter la double victimisation

Si le sentiment d’impunité des auteurs peut avoir des effets désastreux sur les victimes, qui subissent alors une double victimisation (réelle et du manque de reconnaissance de leur vécu), le but des associations ne consiste pas forcément à prôner l’emprisonnement. Mais il semble crucial que les auteurs soient au moins entendus et que la loi leur soit rappelée. Les associations dénoncent aussi le nombre de démarches que doivent entreprendre les victimes pour faire valoir leurs droits et la reconnaissance de ce qui leur est arrivé, notamment en rapport à la quiétude dont les auteurs bénéficient.

Quand tourne le vent

Le travail des associations de prévention et de lutte contre les violences conjugales demeure important et d’actualité. La concertation entre les différents acteurs qui travaillent sur cette problématique (justice, police, monde associatif) est également efficace pour lutter contre ce fléau. « Nous pensons que notre travail de conscientisation et de sensibilisation ne cessera jamais. Comme pour beaucoup de choses, la problématique des violences conjugales se retrouve dans un cycle... Elle est une priorité qui ne le sera plus, mais elle le redeviendra, car les chiffres ne diminuent pas. La Police s’en rendra compte et fera donc le nécessaire pour re-former ses policiers », conclut Frédéric Benne.

Sandra Evrard

Plus d’infos : www.cpvcf.org ; www.cvfe.be



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