Les violences intrafamiliales ne sont plus prioritaires pour la police

Les violences intrafamiliales ne sont plus prioritaires pour la police

La violence intrafamiliale ne sera plus considérée comme une priorité dans le nouveau plan national de sécurité de la police. Une annonce surprenante !


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Depuis 2008, la violence intrafamiliale faisait partie des 10 priorités du plan national de sécurité. Mais ce point ne sera plus repris dans le nouveau plan. « Les inspecteurs ont reçu des formations, ils savent comment se montrer empathiques et vers quelles institutions diriger les personnes qui sont confrontées à de la violence conjugale », explique Jean-Marie Brabant, le président de la Commission permanente de la police locale. Un point considéré comme prioritaire entraîne une surcharge administrative, et d’après la police, celui-ci serait désormais bien géré.

Une mauvaise image

Si la prise en charge de cette problématique s’est certes améliorée, elle pourrait encore l’être davantage. Les acteurs du secteur en charge de l’accueil des victimes souhaiteraient une plus grande uniformité des procédures, encore trop aléatoires, d’une zone de police à l’autre. Il est interpellant de constater que la police communique sur un déclassement de cette priorité, ce qui peut être perçu comme un moindre intérêt pour cette problématique. Tout en donnant un sentiment d’impunité aux auteurs d’actes de violence.

Toujours trop de victimes

Rappelons aussi que l’enjeu sociétal demeure important. En 2013, une campagne publique révélait que 1 couple sur 8 est sujet à des violences conjugales. Et si près de 40 000 plaintes sont introduites chaque année, ce n’est que la partie immergée de l’icerberg. Seules 3,3% des victimes porteraient plainte, par peur ou parce qu’elles ne sont pas informées de leurs droits. Poursuivre l’effort consenti depuis dix ans pour tenter d’enrayer le problème est primordial.

Circulaire Tolérance zéro

La prise en charge de cette problématique au niveau policier et judiciaire découle en quelque sorte de la circulaire « Tolérance zéro », mise en place en 2004 par Anne Bourguignon, ancienne Procureure du Roi de Lièges. Interpellée par les classements sans suite des faits de violence conjugale, elle s’est battue pour faire évoluer la prise en considération des victimes et les pratiques judiciaires afférentes. Mais aussi pour sortir ce problème de la sphère privée.

Une action plurielle

Quelques années plus tard, la circulaire Tolérance zéro a également été adoptée par les autres procureurs généraux, entraînant la mobilisation des acteurs de terrain, de la justice, des associations de lutte contre la violence et de la police. Parallèlement, le Plan d’Action national en matière de Lutte contre la Violence entre Partenaires a abouti sur un accord développé autour de six objectifs stratégiques : la sensibilisation, la formation, la prévention, l’accueil et la protection de la victime, la répression et l’évaluation.

Intervention policière : un signal fort !

Au niveau de la police, des services d’accueil pour les victimes ont été mis en place et le corps policier a reçu des formations afin de mieux répondre aux demandes d’intervention. « Il est important que le caractère pénalement répréhensible des comportements violents soit clairement affirmé : les réactions de la justice et de la police doivent traduire l’intérêt que celles-ci portent à ces violences et leur engagement à les combattre », expliquait à l’époque Sophie Demars, magistrate de référence en matière de violences intrafamiliales.

Un mauvais signal ?

Ces mesures ont finalement pu être appliquées grâce aux plans d’action adoptés à différents niveaux de pouvoirs. Si la prise en charge et les réponses apportées aux victimes sont plus efficientes qu’il y a dix ans, les associations de défense des victimes et d’aide psychosociale, restent vigilantes, car du chemin reste à parcourir. Et la police conserve un rôle primordial à jouer dans la chaîne de procédures mises en place pour lutter contre ce fléau. La réponse du politique sur cette thématique sera donc primordiale.

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