Wallonie en fête : Paul Magnette dédie son discours aux jeunes et à l'emploi

Wallonie en fête : Paul Magnette dédie son discours aux jeunes et à l'emploi

Ce week-end, la Wallonie était en fête ! Folklore, concerts et ambiance à coup de péket étaient au rendez-vous. L’événement était aussi politique puisque c’est avant tout la fête de la Région wallonne. Des festivités qui se voulaient à l’image de la nouvelle législature.


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Paul Magnette, le nouveau ministre-président du gouvernement wallon, l’avait annoncé : « les Fêtes de Wallonie seront marquées par la continuité et la sobriété », une allusion aux circonstances économiques difficiles, avec malgré tout l’envie de faire la fête.

Des ambitions élevées, un budget étriqué

Et comme de fait, la Déclaration de Politique Régionale pour la législature 2014-2019 aborde d’emblée la situation budgétaire compliquée. « Désormais titulaire de vastes compétences en matières d’économie, d’emploi, de cohésion sociale et de santé, la Wallonie dispose enfin de la gamme complète des leviers indispensables à son plein développement économique, social et humain. La Wallonie va devoir travailler à la poursuite de son redressement sans pouvoir compter sur l’intégralité des montants correspondant aux transferts de compétences. La législature s’ouvre sur un exercice de redressement budgétaire sans précédent. »

Néanmoins, si l’on se fie aux dires de Paul Magnette, la Wallonie est heureuse et fière des nouvelles compétences qui lui ont été transférées par la sixième réforme de l’État. Renforcée dans ses pouvoirs, la Région possède désormais toutes les cartes en main afin de mettre à plat les dispositifs de soutien à l’économie et à l’emploi, pour une politique davantage cohérente.

Répondre aux besoins de la jeunesse

Resté très discret jusqu’ici, le discours du premier wallon Paul Magnette lors des fêtes de Wallonie était très attendu. L’essentiel de son allocution a été axé sur la jeunesse wallonne, alors que son gouvernement a fait de l’emploi des jeunes la première de ses priorités.

Le chef du gouvernement wallon a dressé le portrait d’une jeunesse qui souffre d’une chose : le manque d’emplois disponibles. « Créer davantage d’emplois reste notre première responsabilité et elle s’exerce en particulier à l’égard des plus jeunes. Parce que l’emploi, à ce stade-là de la vie plus qu’à aucun autre, conditionne toutes les dimensions de l’existence. Sans emploi, l’accès au logement, aux loisirs, à tout ce qui constitue une vie de famille et une vie sociale épanouie, est compromis », a-t-il déclaré.

Emploi encore, emploi toujours

Paul Magnette a ensuite rappelé qu’améliorer le taux d’emploi doit être une constante obsession pour le gouvernement wallon. « Notre Déclaration de politique régionale prévoit des réductions de cotisations sociales ciblées sur les entreprises qui embauchent des jeunes, et un contrat d’insertion d’un an un vrai contrat, doté d’un vrai salaire pour tout jeune qui, malgré ses efforts et malgré l’accompagnement intensif dont il aura bénéficié, n’a pas trouvé de travail après dix-huit mois. Nous nous sommes aussi engagés à éliminer, en étroite concertation avec les partenaires sociaux, les pièges à l’emploi qui sont autant d’embûches sur le chemin déjà difficile de l’accès des jeunes au marché du travail. »

Rien que des mots, quid dans les faits ?

Alors que les défis économiques et sociaux - auxquels la coalition PS-cdH au pouvoir est confrontée - se révèlent décisifs, l’opposition estime que le discours du ministre-président manque de mesures concrètes. Willy Borsus (MR), membre de l’opposition de l’exécutif wallon, déclarait samedi au micro de la RTBF avoir assisté à une relecture de la Déclaration de Politique Régionale. « Nous nous attendions à ce qu’il y ait après 3 mois d’existence de ce gouvernement au moins l’annonce de certaines mesures. Il n’y en a pas une seule annoncée. C’est vraiment une grosse déception. Après trois mois d’existence, on doit quitter les mots, on doit entrer vraiment dans le boulot. ». Olivier Deleuze (Ecolo), aussi dans l’opposition, attend quant à lui de voir les chiffres « À ce stade-ci tout est très vague. Il n’y a que des lettres, il n’y a pas de chiffres. J’attends de voir si on va aider les jeunes dans les budgets pour l’école et pour la formation. »

Des budgets qui ne sont, quant à eux, clairement pas à la fête puisque les économies annoncées pour 2015-2016 sont de l’ordre de 800 millions d’euros par an pour la seule Région wallonne.

Delphine Hotua



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