Wanted : médecins et infirmiers spécialisés en gériatrie

Wanted : médecins et infirmiers spécialisés en gériatrie

Le centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE) tire la sonnette d’alarme : il y a trop peu de médecins et d’infirmiers spécialisés en gériatrie en Belgique. De plus, les connaissances gériatriques du personnel soignant dans son ensemble sont insuffisantes.

L’objet d’étude du KCE portait entre autres sur « les équipes de liaison interne gériatrique », mises en place il y a une dizaine d’années pour pallier le manque de places dans les services de gériatrie (lits G) des hôpitaux. « Ces équipes mobiles spécialisées visitent les patients identifiés à haut risque gériatrique dans les autres services de l’hôpital pour évaluer leur état et formuler des recommandations à propos des soins à leur apporter », détaille le KCE, qui est chargé de conseiller les pouvoirs publics.

Les équipiers de liaison en nombre insuffisant

D’après les auteurs de l’étude, il apparaît que la manière dont fonctionnent les équipes de liaison interne gériatrique est très hétérogène et que toutes les conditions ne sont pas réunies pour que leur travail soit efficace. « Il faudrait notamment qu’elles puissent s’impliquer plus activement dans la mise en place des soins qu’elles préconisent ». En outre, il semble que « ces équipes soient de taille trop modeste pour rencontrer les besoins. Bon nombre de patients à risque ne sont donc jamais vus par l’équipe de liaison », font part les auteurs.

Et ces constations interpellent d’autant plus quand on connaît la situation de vieillissement croissant de notre société. Selon les chiffres communiqués par le centre d’expertise, les plus de 65 ans représentaient en Belgique en 2012 environ 18% de la population et ce chiffre grimpera à 26% en 2060.

Le « co-management », à favoriser selon le KCE

Dès lors, pour faire face à la pénurie de lits gériatriques, le KCE recommande d’expérimenter d’autres solutions, comme par exemple le « co-management ». «  Les modèles de co-management permettent au gériatre et/ou à l’équipe de liaison de prendre des décisions de soins en concertation avec les médecins de l’unité d’hospitalisation. Ce modèle existe déjà aux Pays-Bas ».

Par ailleurs, il est également recommandé de créer une plate-forme d’échanges entre professionnels (de type communautés de pratiques) pour favoriser l’expérimentation de modèles de soins innovants, l’évaluation des initiatives prises sur le terrain et l’échange de bonnes pratiques.

Enfin, autre solution également à envisager : les soins transmuraux qui mettent l’expertise gériatrique à la disposition des soignants extérieurs à l’hôpital pour éviter de devoir hospitaliser les patients gériatriques.

Augmenter l’attractivité des disciplines gériatriques

Il y a par ailleurs urgence, selon le KCE, à prendre des mesures pour « augmenter l’attractivité des disciplines gériatriques tant pour les infirmiers que pour les médecins, notamment par une rémunération correcte et des lieux de formation en suffisance ». D’autant plus que la situation de pénurie est déjà bien installée pour les gériatres et les infirmiers spécialisés en gériatrie. « On estime qu’il faudrait un minimum de 20 nouveaux gériatres par an en Belgique, alors que seuls 28 médecins ont débuté une formation pour l’ensemble des quatre années 2010 à 2013 », déplorent les auteurs de l’étude.

De façon plus générale, il est également nécessaire d’augmenter le niveau global de connaissances en gériatrie de tout le personnel soignant et de favoriser la sensibilisation à une « culture gériatrique » dans les hôpitaux.



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