Kinésithérapie : l’enquête de « Test-Achats » sur la profession non représentative ?

Kinésithérapie : l'enquête de ''Test-Achats'' sur la profession non représentative ?

L’Union des Kinésithérapeutes de Belgique dénonce l’enquête réalisée par la société « Test-Achats » sur la profession.

Ils sont environ 18 000 à exercer en Belgique et ils peuvent, s’ils le désirent, se spécialiser dans le cadre de leur formation. Les kinésithérapeutes sont reconnus par les professionnels des soins de santé et la profession attire de nombreux étudiants chaque année. Et pourtant. Fin septembre, la société « Test-Achats » a réalisé une enquête de satisfaction sur la profession, auprès de 30 kinésithérapeutes. Résultat : un contrôle de qualité des soins prodigués dans le secteur est nécessaire, selon la société. Pour l’Union des Kinésithérapeutes de Belgique (UKB), cette enquête a été biaisée et l’échantillon utilisé n’est absolument pas représentatif de la profession.

L’enquête

Munies d’une prescription pour des douleurs à la nuque, les enquêtrices de « Test-Achats » se sont rendues chez les différents praticiens. D’après la société, seuls 3 des 30 kinés auraient posé toutes les questions du Neck Disability Index, outil permettant de déterminer l’influence de la douleur sur le comportement et les tâches de la vie quotidienne. Trop peu, pour « Test-Achats ». En ce qui concerne les traitements, dans 27 cas sur 30, ceux-ci étaient de confort, visant à diminuer la douleur, mais non à la guérir. Seulement 8 kinés sur les 30 ont fourni aux enquêtrices le traitement adéquat pour leurs douleurs. « Test-Achats » dénonce également l’omission de 24 kinés d’afficher leur statut, ce qui est légalement obligatoire. En outre, 7 kinés ont facturé un supplément sans donner d’explication, alors que 3 d’entre eux étaient conventionnés et donc censés appliquer des tarifs fixes. (lire l’intégralité de l’enquête : ici)

La réaction de l’UKB

Pour l’UKB, l’enquête est biaisée et n’est absolument pas représentative de la majorité du secteur. Parmi les arguments qu’elle avance, contre « Test-Achats » :

1) Le nombre 30. En effet, pour l’UKB, ce nombre « ne revêt pas du tout un caractère scientifique ». Ils dénoncent également « cette « enquête » [qui] développe plus le côté tape à l’œil et recherche le sensationnel. Pourtant une des conclusions de cette « pseudo-étude » prône le « Tout » scientifique et paraît fortement orientée. Quel paradoxe ! »

2) Selon eux, la méthodologie utilisée n’est en aucun cas légale et pourrait faire l’objet de poursuites devant le Conseil de Déontologie Journalistique (CDJ), ainsi que l’Inami. Dans le cadre de la réalisation de l’enquête, « il semblerait que des faux en écriture ont été demandés à des médecins. Et ensuite de « faux patients » ont été envoyés avec l’intention de déclarer la disparition des symptômes après 3 séances, ce qui peut brouiller la réaction du kinésithérapeute. »

3) L’UKB remet aussi en cause le ‘tout’ scientifique prôné dans la démarche de « Test-Achats », qui, à l’heure du « Cure and Care » en harmonie avec la politique de Maggie De Block, leur parait totalement anachronique. La volonté de se concentrer sur une « douleur de nuque » alors qu’actuellement les enjeux sont le vieillissement et les maladies chroniques, témoigne, pour l’UKB, du manque d’expertise de « Test-Achats ».

Un problème de lobbys

Pour l’UKB, le souci qui gangrène la profession vient surtout des différents lobbys, qui l’étouffe : les mutuelles, les politiques ou encore les universités, qui préfèrent promulguer leur formation, au lieu de travailler ensemble au bien de tout le secteur. Récemment, la ministre de la santé, Maggie De Block, avait modifié la loi en faveur du nord du pays lors des élections à l’Inami. Malgré toutes ces contraintes, l’UKB se bat pour fournir des formations de qualité, contrôlées et reconnues par la Région wallonne.

Lire la réaction de l’UKB : ici



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