Le volontariat : nécessaire engagement citoyen

Le volontariat : nécessaire engagement citoyen

De plus en plus rare, le volontariat est pourtant vital aux petites associations et à leurs bénéficiaires. Plusieurs milliers d’ASBL existent en Belgique, dont les trois quarts ne survivraient pas sans citoyens qui s’engagent bénévolement.

Tous secteurs confondus, le nombre d’ASBL existantes en Belgique se compte en milliers. A titre d’exemple, rien que pour la Province de Liège, on en dénombre environ 3000. Au niveau du travail social, ces associations répondent à un réel besoin : aide au logement, aux migrants, aux victimes, etc. Elles sont aussi de tailles diverses : certaines sont de très grandes structures employant uniquement des salariés, d’autres, souvent beaucoup plus petites, comptent sur le travail volontaire. Il est dès lors important pour le travailleur de savoir ce qu’est le volontariat et comment travailler au quotidien avec des volontaires.

Une nécessité économique

On le sait, les temps sont durs au point de vue économique. Le financement public se fait de plus en plus rare, en particulier pour les petites associations. Si certaines grosses ASBL sont de véritables captatrices de subsides, beaucoup ne peuvent compter sur un financement suffisamment important pour couvrir à la fois leurs frais de fonctionnement et de personnel. Pour continuer à offrir des prestations gratuites ou à moindre coût, ces structures jouent les cartes de la débrouille institutionnelle, de la recherche de dons privés et du travail volontaire.

Un cadre légal

Dans le langage courant, bénévolat et volontariat sont souvent confondus. Pour autant, ils ne sont pas synonymes : la loi définit les pratiques de volontariat et non de bénévolat. Nous allons donc parler de volontariat. Une activité est considérée comme volontaire si elle respecte quatre critères :

- Elle doit être sans rétribution ni obligation
- Elle doit s’effectuer au profit d’autrui
- Les prestations doivent être réalisées pour une organisation
- Un salarié ne peut pas être volontaire pour son employeur

Une réalité de terrain

Les volontaires sont des maillons indispensables de beaucoup d’équipes associatives. Certaines en sont même entièrement constituées ! D’autres équipes sont mixtes : elles mêlent travailleurs salariés et volontaires. C’est ainsi que de nombreux travailleurs sociaux ont l’occasion de côtoyer des volontaires au quotidien. Afin de fonctionner au mieux, ces équipes doivent redoubler d’efforts en matière de communication ! La première chose importante à connaître et comprendre est ce qui anime et motive la personne au travers d’une activité volontaire : posez-vous (et surtout posez-lui) la question de ses motivations profondes, des raisons qui la poussent à vouloir offrir son temps et ses compétences, de ce qu’elle recherche dans son activité. Ces motivations peuvent être variables : se sentir utile, (re)créer du lien, s’intégrer dans un nouvel environnement, apprendre la langue … Si vous comprenez mieux les motivations de votre collègue volontaire, vous pourrez tirer un meilleur parti de votre collaboration.

Un autre rapport au travail

L’intégration au sein d’une équipe chaleureuse et conviviale, l’intérêt du travail proposé, le sentiment de faire partie d’un tout et d’aller vers un but commun, d’être reconnu sont très importants pour l’épanouissement au travail. Ils le sont encore plus lorsque ce dernier est effectué sans compensation financière et sans obligation. Travailler avec des volontaires est une manière de repenser son rapport au travail : il ne s’agit plus de vendre sa force de travail contre de l’argent, mais de donner librement son temps et ses compétences en échange d’une autre forme de rétribution, plus symbolique. Si travailler avec des volontaires suppose de faire preuve de souplesse et de débrouillardise, par exemple au niveau des disponibilités et désistements, la rencontre entre salariés et volontaires est souvent porteuse de nombreuses richesses.

Pour aller plus loin dans la mise en pratique

Dans la pratique quotidienne, plusieurs questions se posent fréquemment dans les équipes mixtes, par exemple au niveau de l’amélioration de la collaboration entre salariés et volontaires ou encore des droits et devoirs de chacun. Ces questions méritent qu’on s’y attarde. Certaines communes et Provinces ont un département qui gère le volontariat. Outre l’organisation de Salons, on peut y trouver une foule d’informations utiles, notamment légales. La Plateforme Francophone du Volontariat est également une excellente ressource à ce niveau. Elle propose notamment des formations à la fois pour les volontaires, les dirigeants et les salariés.

MF - travailleuse sociale



Commentaires - 1 message
  • "Elle doit être sans rétribution ni obligation"... à rappeler à certains CPAS et à ce cher Mr Borsus...

    Bomy mercredi 12 juillet 2017 19:05

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