Psy et coach, deux casquettes qui se complètent ou qui s’opposent ?

Psy et coach, deux casquettes qui se complètent ou qui s'opposent ?

La thérapie d’un côté, le coaching de l’autre, les praticiens sont nombreux à se ranger sous l’une ou l’autre de ces bannières. Parfois, les deux chemins sont proposés par la même personne. Gageure ou richesse ?

La formation des psychologues, nous le savons, relève d’un cursus précis et exigeant. Pour les coachs, point de contrôle : chacun peut s’attribuer le titre, pour le pire et le meilleur. Alors joindre les deux casquettes, serait-ce une manière de rassurer les patients sur les compétences offertes ? Mais comment mêler ces deux disciplines ? Au sein d’un même accompagnement ou selon la demande de chaque patient ? Et au fond, qu’est-ce qui différencie ces accompagnements ? La sphère mise au travail (personnelle ou professionnelle) ? La façon de travailler ? Ou un cadre qui dépasse largement tout cela ?

Le coaching, un chemin qui va droit au but ?

Qu’est-ce qui caractérise le coaching ? Des résultats concrets et mesurables, des bénéfices tangibles et rapides ? Non, l’accompagnement, quel qu’il soit, reste une traversée singulière, avec toute l’humilité que cela requiert. Même s’il n’est pas inutile de baliser, de repérer dans le temps les changements qui s’opèrent, la rencontre est unique et imprévisible. Finalement, c’est précisément quand le praticien promet la solution avant même de l’avoir déployée, et co-construite, que se niche le charlatanisme.

Un type d’accompagnement ou un outil additionnel ?

Si Madame De Block fait de la psychothérapie un acte médical parmi d’autres, ce qui est loin d’être sûr, en tout cas le coaching est bien un simple outil au sein d’un processus relationnel qui le dépasse. Ce qui définit le plus le praticien, c’est finalement sa grille de lecture : que va-t-il faire de ces différents outils ? Comment va-t-il entendre ce qui se joue ? Peu importe les outils employés (coaching, testing, médiation artistique, outil projectif …) : on en revient à l’orientation du praticien, qui est fondamentale.

Quels avantages pour cette double casquette ?

Outre la réassurance sur la solidité de la formation du praticien, la double casquette permet de prendre le temps de faire émerger la demande car le motif initial pour consulter est souvent flou. Prendre le temps de l’affiner avant de proposer l’accompagnement adapté permet de mieux respecter les spécificités de chaque situation. De plus, il est parfois bien plus facile de faire la démarche vers un « coach » que vers un « psychologue ». Enfin, la prise en compte des deux contextes (personnel et professionnel) est indispensable : nul ne peut se « compartimenter » dans le travail d’introspection !

Et les risques ?

Le risque majeur est de proposer un cadre très (trop) flou pour le travail en cours. Or, quelques balises sont néanmoins nécessaires et pour le thérapeute et pour le patient. De petits aménagements peuvent aider à clarifier l’un et l’autre cadre, comme des endroits différents (à la table pour le coaching, dans les fauteuils pour la thérapie) ou des durées de séance différentes également. Mais il est finalement difficile de théoriser un chemin aussi singulier et personnel. Car dans ces matières profondément humaines, les frontières ne sont bien sûr jamais tranchées.

DB, psychologue clinicienne

[A lire] :

- Vous avez dit Pleine Conscience ?
- De l’utilité des projets pilotes dans le paysage institutionnel
- La blouse blanche, un « costume » particulier…
- La place du psychologue dans la formation des jeunes adultes
- Là où ne mène aucune échelle : les entretiens libres
- Aménager un cabinet privé, bien au-delà de la déco…
- Le dossier "psy" : une affaire de transparence et de confidentialité



Ajouter un commentaire à l'article




Pour votre facilité, ce site utilise les cookies conformément à nos conditions générales.