Vous avez dit Pleine Conscience ?

Vous avez dit Pleine Conscience ?

Ces techniques méditatives qui s’apparentent à de la « spiritualité laïque » peuvent-elle aider nos patients à cheminer vers davantage de sérénité ? Dans quelle mesure ? Comment les intégrer dans une thérapie plus traditionnelle ? Et d’où viennent-elles ?

On enseigne aujourd’hui à l’occidentale ce que les yogis savent depuis des milliers d’années. On propose un emballage tout neuf, la pleine conscience, pour des pratiques millénaires : les techniques de yoga et les exercices pour le mental sont devenus partie intégrante de notre culture occidentale et sont fort prisés dans l’accompagnement des patients. Gardant les piliers principaux des traditions orientales (respiration, méditation, yoga), on a néanmoins enlevé les aspects plus gênants ou difficiles comme la dimension spirituelle et sacrée. Mais même amputée de la sorte, la recette reste magique !

Vraiment efficace !

Même appauvries, ces techniques restent vraiment efficaces ! Le programme d’apprentissage de la « pleine conscience » est simple et bien expliqué, les séances hebdomadaires sont bien encadrées et une pratique personnelle journalière (avec exercices enregistrés puis pratiqués en autonomie) est attendue chez chaque participant. Et pour chacun, le mieux-être ne se fait pas attendre !

Chacun y trouve son compte

Trauma, stress, douleur, dépression, burn out … Chacun y trouve son compte et vite ! La pratique du yoga et la méditation permettent de retrouver rapidement un sentiment de plénitude, un apaisement psychique indéniable, une meilleure gestion de la douleur et un rapport au corps pacifié. Car c’est là l’un des grands atouts de la démarche : le corps est de la partie !

Intégrer la pleine conscience dans une thérapie classique, assurément !

Ces outils sont faciles à intégrer dans une thérapie classique, même à petite dose. Dans l’accompagnement de personnes en difficulté, sujettes à un stress aigu ou chronique, il peut être très bénéfique de proposer, au moment opportun, quelques exercices de respiration, une initiation à la méditation ou encore une séance de visualisation positive. Evidemment, l’usage pour autrui implique la nécessité de pratiquer soi-même, sinon la démarche n’a guère de sens.

Mêmes outils, à la sauce occidentale

Si vous séjournez dans un ashram, vous pratiquerez des exercices de yoga (asanas), de respiration (pranayama), de relaxation (savasana), de méditation et de pensée positive. Si vous participez à un programme de réduction du stress basé sur la pleine conscience, vous ferez de même : yoga, méditation (assise et marchée) et relaxation (sous forme d’un scan corporel). A première vue, beaucoup de similitudes.

Quelques retraits trop contraignants

Cependant, trois éléments importants ont disparu dans le programme occidental : la bonne alimentation, le service désintéressé à autrui (le karma yoga) et surtout la dimension spirituelle, sacrée, qui concerne la volonté de s’élever au-delà de l’ego. Le résultat en termes de mieux être sera pourtant au rendez-vous, mais l’optique est néanmoins bien différente : il s’agira de travailler sur soi, pour soi, dans le but d’en retirer un bénéfice tout personnel, sans réfléchir au monde qui nous entoure.

Une spiritualité laïque efficace

Finalement, cette spiritualité laïque fonctionne bien, malgré une individualisation de la démarche qui est un peu triste. Espérons que l’harmonie et l’ouverture du cœur qui ont guidé les yogis depuis des millénaires puissent malgré tout se transmettre dans cette pleine conscience occidentalisée.

DB, psychologue clinicienne

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