De nouvelles salles de consommations à moindres risques à Bruxelles ?

De nouvelles salles de consommations à moindres risques à Bruxelles ?

Il y a peu, le gouvernement de Bruxelles-Capitale s’est engagé en faveur du plan de réduction des risques liés à l’usage des drogues. En effet, deux ASBL sont agréées et financées. Une décision qui cherche entre autre à interpeller le Fédéral .

Une salle de consommation à moindre risque est un lieu où les individus peuvent venir pratiquer leurs injections dans de bonnes conditions d’hygiène et où ils sont entourés de professionnels formés. La première salle de consommation à moindre risque belge a ouvert à Liège en début d’année 2017. Jeudi dernier, le gouvernement francophone bruxellois, sous l’impulsion de Cécile Jodogne, ministre en charge, a souhaité donner plus de corps dans la mise en œuvre du plan de réduction des risques liés à l’usages des drogues. En effet, après l’initiative du bourgmestre de Liège, le gouvernement bruxellois souhaite faire évoluer la situation légale afin de démocratiser l’apparition de salles de consommation de drogues encadrées.

Deux ASBL au service de la prévention

Deux associations, Dune ASBL et Modus Vivendi, ont été choisies par le gouvernement bruxellois et seront financées afin de renforcer et de pérenniser le travail effectué. Il s’agira notamment d’agir au plus près du public visé, via la mise à disposition de matériel stérile d’injection. Les deux ASBL s’occuperont aussi de la diffusion de campagnes de sensibilisation concernant les risques liés aux différents usages et des moyens pour prévenir ces risques. Partir à la rencontre des usagers et les accompagner sera ainsi l’une des grandes missions des ASBL.

Un appel du pied au Fédéral

Cette étape significative dans la politique concernant la consommation de drogues s’apparente ainsi à un appel du pied au Fédéral. En effet, via cette action, Cécile Jodogne cherche à montrer que la politique de répression concernant la consommation des drogues a bien montré ses faiblesses . La ministre le souligne à SudInfo : « L’approche purement sécuritaire des usages de drogues a montré ses limites et est très onéreuse. Il faut réaffirmer sans cesse l’importance d’une vision pragmatique du phénomène des drogues, qui met la santé des usagers au centre des préoccupations. Le gouvernement francophone bruxellois prend sa part dans la mise en œuvre de cette approche. Cette décision est l’occasion de rappeler que le gouvernement fédéral a également un rôle à jouer, en permettant par exemple la mise en place de salles de consommation à moindres risques. Ce qu’il refuse jusqu’à présent, pour des raisons purement idéologiques. »

A quand une politique drogue non répressive ?

Depuis longtemps, le Fédéral s’oppose à une quelconque "tolérance" vis à vis de la consommation de drogues en Belgique. En témoigne la proposition de loi du député PS et bourgmestre de Liège, Willy Demeyer, qui reste en stand-by. Cette proposition vise à développer l’apparition de salles de consommation encadrées en Belgique, mais aussi d’autoriser la prescription d’héroïne dans le cadre médical. Même si le projet a reçu des échos positifs du coté de la commission de la Santé, celle-ci n’a toujours pas remis d’avis officiel à la commission de la Justice... Du coté de la Santé publique, la conférence interministérielle ne s’y est pas attardée . En effet, l’urgence serait ailleurs...

La Rédaction

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