Discrimination de genre, le psychosocial n’est pas épargné…

Discrimination de genre, le psychosocial n'est pas épargné...

La discrimination de genre à l’embauche est interdite par la loi. Néanmoins, force est de constater que le genre peut faire la différence entre deux candidats. Dans le monde des affaires, le plafond de verre est bien souvent dénoncé par les femmes qui veulent faire carrière. Dans notre secteur, la discrimination apparait dès la sélection.

Il y a quelques mois, suite à une envie de respirer un nouvel air professionnel, je me lance dans la recherche d’un nouvel emploi. Comme tout bon professionnel du monde psychosocial, j’épluche les petites annonces du Guide Social. Après quelques semaines de recherche, je tombe sur la parfaite offre d’emploi. Je remplis tous les critères. Une équipe pluridisciplinaire cherche un(e) psychologue/psychothérapeute en clinique infantile avec plus de 5 années d’expérience. Mon cœur ne fait qu’un bond dans ma poitrine, ce job est pour moi.

Comme toute bonne candidate, je rafraîchis mon curriculum vitae, rédige ma lettre de motivation, glisse le tout dans une enveloppe… Alea iacta est.

Très rapidement, j’apprends que je ne suis pas la seule à avoir postulée. Évidemment, je n’avais aucune illusion sur une candidature unique de ma part. Par contre, de là à connaître 5 des postulants, c’était bien loin de ce que j’imaginais.

Quelques jours plus tard, je reçois un appel de la part de la coordination clinique. Ma candidature est retenue mais… Et oui, il y a un « mais ». 3 des 5 autres postulants que je connais sont aussi retenus. Le match va être serré car pour avoir travaillé avec certains d’entre eux, ils brillent par leurs compétences cliniques et leur dynamisme. Néanmoins, je ne me démonte pas, j’ai pour ma part également plus d’une corde à mon arc.

Le premier entretien se déroule dans une ambiance très détendue. Nous semblons partager la même vision de la clinique infantile, de l’accession aux soins aux plus démunis. L’équipe m’apparait très créative dans sa manière de travailler, en recherche de nouveaux éclairages et très bienveillante pour une nouvelle recrue. Je sors relativement séduite de cette première rencontre et bien décidée à poursuivre ma candidature s’il m’en est offert la possibilité.

Le projet se concrétise, je suis invitée à une deuxième rencontre. L’entretien se déroule dans un climat très serein. J’apprends que nous ne sommes plus que 3 en compétition. Seul l’un de mes collègues se trouve parmi les 2 autres candidats. L’autre reste un(e) inconnu(e). À ce stade, je me dis quitte à ce que ce ne soit pas moi que ce soit au moins mon collègue pour lequel j’ai une grande estime professionnelle et humaine.

Le couperet tombe, je n’ai pas été choisie. La coordination clinique m’a gentiment téléphoné pour m’informer. C’est mon collègue qui a été retenu et me dit-on : « Le choix a été très difficile ». L’équipe était partagée entre nos deux profils. Ce qui a finalement fait la différence, c’est le genre. Les psychologues hommes sont une denrée rare. Par ailleurs, hormis leur rareté, celui qu’ils ont choisi, je le sais très compétent. Néanmoins, cet argument reste difficile à digérer quand il nous est servi.

Depuis cet épisode, j’ai dû moi-même mener des entretiens de candidature pour sélectionner un(e) candidat(e) pour un poste à pourvoir dans l’équipe dans laquelle je travaille. Il est certain que cette petite expérience m’a permis de poser un autre regard sur les critères de sélection. Si le critère de genre n’apparait pas dans mes choix de prédilection, il est par contre bien présent pour les membres de mon équipe. Avoir un homme parmi toutes ces femmes est un luxe que l’équipe souhaiterait avoir. Une chance pour moi, aucune candidature d’homme parmi les curriculum vitae que nous avons reçus. J’ai donc échappé de justesse à un dilemme où le choix aurait été difficile.

V.B, psychologue clinicienne

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Commentaires - 1 message
  • Le psychosocial est archi-dominé par les femmes!!! Il paraît donc juste qu'un homme soit engagé pour qu'il y ait "'égalité de genres". Ce témoignage n'est que frustration pas objectivation.

    henribrissac jeudi 26 octobre 2017 20:36

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