Le logement , vecteur de réinsertion à la sortie de prison

Le logement , vecteur de réinsertion à la sortie de prison

Afin d’éviter le risque de sans-abrisme à la sortie de prison, un projet d’"Housing first" à destination des détenus porte ses fruits.

Sortir de prison est souvent synonyme d’inconnu. L’ex-détenu doit s’insérer de nouveau dans la société, ce qui est souvent difficile. Une des problématiques principales vécue par les anciens détenus concerne l’absence d’un logement et donc le risque de devenir sans-abri. En effet, l’accès au parc locatif est véritablement compliqué pour les personnes sortant de prison. Très souvent, ils ne disposent pas de ressources suffisantes leur permettant d’accéder à un logement. Afin de palier la précarisation des ex-détenus, Céline Frémault, ministre bruxelloise en charge, a lancé un projet d’accès au logement et d’accompagnement social . Il y a peu, l’association s’occupant de ce programme, l’Office de réadaptation sociale, a reçu le soutien financier de la COCOM.

Une réinsertion souvent difficile

Jusqu’à présent, peu de choses étaient mises en œuvre pour faciliter l’accès au logement des détenus sortant d’un des trois établissements pénitenciers situés à Bruxelles. Face à ce constat, la Ministre en charge de l’Action sociale et de l’Aide aux justiciables a initié, il y a deux ans, un projet avec pour objectif principal d’accompagner des anciens détenus en risque de sans-abrisme vers un logement de type « Housing first ». Celui-ci est piloté par l’asbl « Office de réadaptation sociale » spécialisée dans le travail social avec les prisonniers au sein des prisons, mais qui dans ce cadre travaille également l’accompagnement social à l’extérieur, au sein de logements occupés par des anciens détenus.

Un véritable accompagnement dès la sortie de prison

Concrètement, l’ASBL « Office de réadaptation sociale » procède à l’identification des personnes qui risquent de se retrouver dans une situation de sans-abrisme à leur sortie de prison. La connaissance des situations individuelles des détenus est nécessaire, et l’ expérience de l’association en matière d’accompagnement social au sein de l’univers carcéral très utile. Parallèlement, l’asbl négocie des conventions avec des agences immobilières sociales (AIS) ou directement avec des propriétaires privés afin de disposer de biens locatifs. Le fait d’assurer un accompagnement des détenus est naturellement un facteur qui consolide le rapport de confiance entre les propriétaires et les locataires. Une fois installé dans le logement, l’ASBL « Office de réadaptation sociale » et l’ASBL « Dispositifs relais » continuent leur travail d’accompagnement social pluridisciplinaire pour assurer la permanence de l’ex-détenu dans une situation locative et favoriser le parcours d’intégration sociale.

Un travail de fond avec plusieurs entités

Outre les partenariats avec les agences immobilières et avec le secteur associatif, d’autres démarches ont dû être entreprises pour faciliter l’accès des anciens détenus à un logement. Premièrement avec les CPAS, afin de s’assurer qu’en cas de logement communautaire, les allocations sociales ne soient pas réduites en vertu de leur statut de cohabitant. Et deuxièmement, avec les juges du Tribunal des applications des peines, pour qu’ils acceptent que plusieurs personnes bénéficiant du régime de libération conditionnelle ou porteurs de bracelets électroniques puissent vivre sous le même toit.

Pour une réinsertion efficace

Lancé mi 2016, le projet a déjà rendu possible l’accès au logement et l’accompagnement social de 10 personnes. Un chiffre naturellement appelé à augmenter. Les moyens mis à disposition vont être adaptés en fonction du développement du projet et de l’identification des besoins. « Les anciens détenus sont souvent stigmatisés et rencontrent beaucoup de difficultés à souscrire un bail de location. En tant que Ministre en charge de l’action sociale et de l’aide aux justiciables, il me semble important de soutenir ce projet qui accompagne les anciens détenus en risque de sans-abrisme vers un logement, un pilier essentiel pour se réinsérer en toute dignité dans la société », explique Céline Fremault.

Un projet soutenu par la COCOM

A l’initiative de la Ministre du Logement, le Collège réuni de la Commission communautaire commune a donné fin juin son accord pour une subvention de 80.000 euros à l’ASBL Office de Réadaptation Sociale pour le projet « sortie de prison et accès au logement ». Le montant global annuel attribué par la Cocom à ce projet innovant est de 130.000 euros.

[A Lire]

- Le premier projet d’Housing First de l’ASBL Archi Human verra bientôt le jour
- Le projet housing first a un taux de réussite de 100%
- Bruxelles octroie un subside de 920.000 euros pour la lutte contre le sans abrisme



Commentaires - 1 message
  • Surmonter ses peurs, se laisser tenter par sa curiosité, et un nouveau vivre-ensemble apparaît

    druYdeu dS vendredi 1er septembre 2017 09:54

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