Lutte contre le radicalisme : vers une re-fédéralisation des compétences ?

Lutte contre le radicalisme : vers une re-fédéralisation des compétences ?

En matière de lutte contre le radicalisme, depuis la 6ème réforme de l’Etat, plusieurs entités sont amenées à collaborer. Ce qui crée, immanquablement, des contraintes. La question de la re-fédéralisation de certaines compétences, notamment en matière de lutte contre la radicalisation, se pose.

Lutter contre le radicalisme, à l’heure actuelle, n’est pas chose aisée. Foyers de la majorité des radicalisations, les prisons belges sont amenées à questionner leur fonctionnement. Bien souvent, les directeurs se trouvent démunis face à ces idées qui se répandent parmi certains détenus. Invité par la RTBF, le ministre de la Justice, Koen Geens, pense qu’en théorie, re-fédéraliser les compétences en matière de lutte contre le terrorisme et contre la radicalisation en particulier, permettrait de prendre des initiatives concrètes.

Re-fédéraliser certaines matières

Avec le morcellement de l’Etat en entités fédérées, la lutte contre le radicalisme devient un véritable puzzle. Les mosquées, par exemple, dépendent de plusieurs entités, tant communautaires que régionales. Pour le ministre Koen Geens, cela entrave la collaboration entre les niveaux de pouvoir. Ce dernier pense dès lors que re-fédéraliser ces compétences ne serait pas une mauvaise idée. « Pour certains, il faudrait certainement re-fédéraliser ces compétences et dans une certaine logique d’homogénéité également. Pour ma part, à un niveau purement théorique, on pourrait faire des choses, oui », souligne-t-il à la RTBF.

Des visites scrutées

De plus en plus de prisons, en Belgique et ailleurs, sont un terreau propice à l’expansion d’idées radicales. C’est ce qu’il en ressort du rapport fédéral concernant les attentats à Bruxelles. Cependant, comme l’explique le ministre, les directeurs des établissements se trouvent parfois fort désemparés et ne savent pas comment gérer ces situations. « Beaucoup de personnes s’ennuient en prison et sont séduites par les idées de prêcheurs radicalistes, c’est un constat non seulement en Belgique, mais partout dans le monde », explique le ministre sur les ondes de la RTBF. « Tous les visiteurs sont « screenés » par la Direction générale des prisons. »

Des collaborations entre entités

Pour le ministre, le suivi, à l’heure actuelle, est opérationnel. Les visiteurs sont répertoriés dans une liste dont a connaissance la Sureté de l’Etat et les directeurs connaissent les prisonniers dont ils ont la charge. Un des points soulevés par le rapport est l’implication des différents niveaux de pouvoir en matière de djihadisme. Le ministre le souligne, « L’interfédéral est important. Lors de la conférence interministérielle des Maisons de Justice avec le ministre Madrane, on a de très bonnes réunions sur le suivi des prisonniers radicalisés. On essaye de travailler ensemble, mais il est vrai que dans un pays où les mosquées sont de la Région, la Jeunesse et dans la Communauté et que la sécurité est au niveau national, ce n’est pas toujours facile de travailler ensemble. »

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