Psychologie : le remboursement des soins pose question

Psychologie : le remboursement des soins pose question

En mai dernier, la ministre de la Santé, Maggie de Block, divulguait au journal De Morgen qu’elle était en train de réfléchir à une mesure concernant le remboursement des soins de psychologie. Si le secteur accueille évidemment la nouvelle avec optimisme, rien n’est encore fait. Il remet notamment en question le budget prévu par la ministre pour les remboursements, qui lui semble cependant cruellement insuffisant.

Que de changements pour le secteur de la santé mentale, depuis un an et demi. Après avoir déposé le texte clarifiant le statut des psychologues, la ministre de la Santé, Maggie de Block, a décidé de proposer une mesure concrète de remboursement des soins. La ministre confiait au journal De Morgen qu’elle ne trouvait pas normal que certaines personnes restent 10 ans en souffrance, sans aucune aide. Si le secteur se réjouit de la mesure, il pense cependant que le budget alloué est insuffisant. L’Union Professionnelle des Psychologues Cliniciens Francophones (l’UPPCF) et la Fédération Belge des Psychologues (FBP) ont réagi à l’annonce de la mesure, par courrier.

Chers collègues,

Dans le cadre de l’accord de gouvernement passé cet été au niveau fédéral, un passage est consacré au remboursement des psychologues. Ce passage déclare qu’une somme de 22,5 millions d’Euro sera mise à disposition pour le remboursement des psychologues de première ligne en liaison avec le médecin généraliste et la transcription dans le dossier médical global. Ce sont les contours un peu vagues de l’accord de cet été. Le contenu et la mise en opération de cet accord devront être développés avec le cabinet. Les moyens seront mis à la disposition de la ministre dès 2018, car La liste officielle des psychologues cliniciens sera prête à cette date.

Qu’est-ce que cela signifie concrètement ?

Il s’agit là d’une première initiative qui aboutit plus tôt que prévu. En effet, l’accord de gouvernement actuel prévoyait une analyse des possibilités de remboursement. Le gouvernement accélère donc le processus et veut prendre la première initiative durant cette législature.Cependant, le budget prévu est très limité. Il est largement insuffisant pour remplir la totalité des besoins des soins psychologiques de première ligne. Nous considérons donc cette initiative comme une première étape dans le développement du financement futur. Nous considérons que la focalisation sur les soins de première ligne est une bonne idée, car les besoins sont depuis longtemps les plus élevés. Nous sommes heureux de constater qu’il y a eu coordination entre le niveau fédéral et régional. Il est tout de même frappant de constater qu’un ministre fédéral mette l’accent sur les soins de santé de première ligne qui est une prérogative régionale et qui n’est donc pas de son ressors. Cela nous donne l’espoir que dans les années à venir, une politique cohérente en matière de soins de santé mentale va être menée.

La référence imposée aux médecins de famille est inacceptable et l’UPPCF est en désaccord avec cette décision. Le financement sert précisément à éliminer les seuils et non pas à en imposer de nouveaux. Lorsque cet accord sera développé, nous veillerons à transformer cette référence au médecin en une collaboration multidisciplinaire.

Le renvoi dans le Dossier Médical Global ne pose en soi aucun problème pour le suivi du client. Cependant, c’est bien au client de marquer son accord ! Par ailleurs, des décisions claires en concertation avec les psychologues doivent être prises sur les personnes qui auront également accès à la partie « psychologie » du dossier médical global. Enfin, les psychologues devront être motivés afin qu’ils s’informatisent. Si cela devait également provenir de ce budget de 22,5 millions d’Euro, alors cela serait très difficile à réaliser.

Conclusion ?

L’UPPCF et la FBP ont réagi avec une certaine circonspection à l’accord de cet été car il n’y a pas là de quoi sabrer le champagne. C’est une première, un pas dans la bonne direction mais nous veillerons à ce que la diversité et l’autonomie des psychologues cliniciens ne soient pas mises en danger. A l’occasion de la prochaine année académique, nous poursuivrons le travail sur ce dossier avec toute la vigilance qui se doit. No collègues néerlandophones du VVKP ont déjà développé une proposition de financement des soins de santé mentale. Vous pouvez la consulter sur leur site internet

Salutations collégiales,

Karel de Witte (président de la FBP) et Thierry Lottin (président de l’UPPCF)

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