Qu'en est-il des travailleurs du Samusocial ?

Qu'en est-il des travailleurs du Samusocial ?

L’affaire du Samusocial a engendré une crise politique importante. Mais elle a aussi laissé l’ASBL dans une position délicate. Le Soir est parti à la rencontre des travailleurs qui effectuent la maraude.

Depuis la découverte de la gestion obscure du Samusocial, les travailleurs de l’ASBL souffrent. Les rémunérations outrancières perçues par certains administrateurs de la structure ont engendré un manque de confiance de la part de l’opinion publique , au détriment des travailleurs de terrain. Cependant, malgré l’absence de direction, ces professionnels continuent de travailler et d’aider les plus démunis. Le Soir a accompagné, en juillet dernier, certains des travailleurs de l’ASBL, dont ceux de Medihalte, ainsi qu’une équipe de maraudeurs. Entre manque de moyens et opinion publique au plus bas, le Samusocial souffre grandement des actions de ses anciens administrateurs. Une restructuration a pris effet cette rentrée, ainsi qu’un nouveau CA. Cependant, les agissements de l’ancienne directrice, Pascale Peraïta, qui a souhaité reprendre ses fonctions la semaine dernière, laissent des traces.

Le Plan hivernal

Malgré les comportements de leurs administrateurs, les travailleurs du Samusocial, eux, doivent continuer leur combat quotidien. La ministre en charge de l’Aide aux personnes en Région bruxelloise, Céline Frémault, expliquait récemment à la RTBF que "Bien évidemment que le plan Hiver aura lieu cette année ! Comme les autres années d’ailleurs, avec des moyens conséquents pour avoir un accueil inconditionnel. Il faut savoir qu’il y a plus de trois millions qui ont déjà été dégagés au gouvernement. Au niveau des bâtiments, il y aura 350 places disponibles au boulevard Pointcarré et 350 places à la rue Royale. Pour les familles en errance par exemple, la structure en place ne bougera pas". Pour la secrétaire de l’asbl, Carine Elst, en revanche, rien n’est moins sûr.

"On est à la veille de la période hivernale et on ne sait toujours pas comment sera organisé l’accueil des sans-abris. Nous n’avons toujours pas reçu la moindre demande officielle, pas le moindre courrier pour la mise à disposition de bâtiments. On ne sait pas si on doit continuer à mettre à disposition des articles 60. On ne sait rien !" explique-t-elle à la RTBF. A voir donc si les promesses politiques rencontreront une mise en pratique pour cet hiver.

Des amalgames

Vendredi dernier, Pascale Peraïta avait la ferme intention de reprendre ses fonctions en tant que directrice. Les travailleurs de l’asbl s’y sont fortement opposés et ont manifesté pendant 1h à Bruxelles. "On fait l’amalgame entre les travailleurs et le scandale qui a secoué le Samusocial. Cette situation est très difficile parce que notre travail n’a pas changé. Nous sommes des travailleurs sociaux et de nombreuses personnes ont besoin de nous", explique Gaby, un délégué syndical FGTB, au Soir. Depuis les révélations des rémunérations touchées par Peraïta, le scandale se répercute sur les travailleurs. En effet, plusieurs contrats n’ont pas été renouvelés. " Cela date du scandale. Nous travaillions avec le double d’effectifs auparavant. Le moral étant entamé, certains ont pris des congés maladie. Ce qui résulte sur un manque d’effectifs alors que l’affluence dans les centres ne change pas", regrette Gaby.

De plus en plus de difficultés

En juillet, Le Soir relatait des nombreuses complications auxquelles faisait face la structure. Tout d’abord, l’image écornée du Samusocial a fait chuter le nombre de dons. La crédibilité du discours de l’association se répercute dangereusement sur leurs donateurs. Depuis que l’affaire a éclaté, les comptes du Samusocial voient rouge. En effet, l’ASBL accusait, début de l’été, une perte de 2.000 euros en un mois, ce qui correspond à près de 200 donateurs qui ont arrêté de soutenir financièrement l’association. " Les usagers nous posent beaucoup de questions sur ce scandale. Ils ne savent pas si le centre va pouvoir poursuivre ses activités. Nous non plus d’ailleurs" souligne Catia Medeiros, responsable du centre MediHalite, au journal Le Soir. En effet, le Samusocial ne renouvellera pas près de 12 contrats. Avec un effectif aussi réduit, plusieurs maraudes ont dû être annulées.

Un travail nécessaire mais en danger

Pourtant, le nombre de sans-abris ne diminue pas et leurs besoins sont toujours présents. Les équipes soulignent leur engagement et la colère qu’il éprouvent face à l’affaire. " J’aime travailler avec les sans-abri et le principe de la maraude m’intéresse particulièrement. Avec cette méthode, nous nous rendons chez eux en quelque sorte pour les aider " déclare Roberto, infirmier et maraudeur. "Cette affaire, ce n’est pas le scandale du Samusocial mais celui de Mayeur et Peraïta. Pour nous, c’est une trahison. Imaginez ce que nous aurions pu faire avec cet argent. C’est le choc et maintenant, nous ne savons pas ce que nous allons devenir. Si nous devenons un organisme public régional, allons-nous tous être repris ? On ne veut pas être uniquement un centre d’hébergement d’urgence. La maraude est clé dans notre travail" explique Raphael, responsable maraude depuis 6 ans.

La rédaction

L’ article complet du Soir ici.

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