Quand les outils triangulent la relation thérapeutique

Quand les outils triangulent la relation thérapeutique

Etre en relation duelle avec nos patients n’est pas toujours la position la plus appropriée , mais quels autres outils avons-nous à notre disposition ? Utiliser un média (les objets flottants, le dessin…), recourir au psychodrame ou à un groupe thérapeutique peut constituer une des réponses à cette question.

Dans le traitement de nos patients, nous nous heurtons parfois à l’impossibilité pour le(s) sujet(s) de s’engager dans un travail thérapeutique dans lequel l’échange se réalise uniquement par la parole. Cette difficulté peut résulter du dispositif proposé ou du canal d’expression privilégié qu’est bien souvent la parole. S’acharner dans cette voie n’offre aucun effet bénéfique pour le(s) patient(s), il faut dès lors être créatif et revoir le setting de soins. Offrir d’autres outils permet de trianguler la relation avec les patients et les familles et d’éventuellement sortir de l’impasse.

Le dessin

Il s’agit très certainement du premier média qui permet de trianguler une relation avec un enfant ou un adolescent. Donald Winnicott en avait d’ailleurs bien compris l’usage au travers du fameux « squiggle », ce dessin co-réalisé par le thérapeute et l’enfant. Grâce aux traces laissées à deux, une ébauche de relation s’installe, un premier espace transitionnel peut éclore. En outre, le dessin demeure un moyen d’expression à tous les âges et ce même si nous l’attribuons bien souvent au monde de l’enfance. Son utilisation permet de mettre en lumière des évènements de vie, des ressentis qui ne sont pas toujours dicibles par la parole. Permettre de représenter l’indicible ouvre alors de nouvelles perspectives thérapeutiques.

Les objets flottants

Les objets flottants, tels que décrits par Philippe Caillé et Yveline Rey, dans leur ouvrage Les objets flottants – Méthodes d’entretiens systémiques recouvrent bon nombre d’outils, que ce soient les masques, le jeu de l’oie systémique, le blason, les sculptures…. Leur caractéristique commune est de faciliter par l’utilisation d’un média la rencontre avec les patients. Ils permettent le déploiement de la créativité et du jeu en thérapie de couple, de fratrie ou de famille. Ces outils ne sont pas à utiliser n’importe quand, ils nécessitent de connaître un minimum nos patients et de poser une indication tenant compte de leur singularité. L’utilisation des objets flottants, perçus comme moins menaçants que la parole, peut permettre de relancer un processus thérapeutique bloqué par des mécanismes de défense trop massifs.

Le psychodrame thérapeutique

Selon le site psychodrame.be, « le psychodrame thérapeutique est indiqué tout particulièrement pour ceux qui ont le sentiment de « patiner » depuis longtemps dans une thérapie individuelle, ceux qui rencontrent des difficultés de mentalisation, de représentation et de verbalisation de leur problématique, et/ou qui éprouvent des difficultés relationnelles dans les groupes » . On associe très souvent le psychodrame au travail avec les adolescents, mais il se pratique également avec les enfants et les adultes. Cet espace thérapeutique permet de jouer une scène en co-présence d’autres participants et des animateurs. Sur le site du psychodrame.be, les praticiens disent que : « Ce jeu mobilise le corps des acteurs, met en mouvement un récit qui par sa représentation scénique peut y apporter un autre regard, susciter de la surprise, de l’étonnement, de l’inattendu, ouvrir de nouvelles pistes. »

Les groupes thérapeutiques à média

Les groupes thérapeutiques à média s’adressent souvent aux enfants éprouvant des difficultés d’expression, de symbolisation ou de représentation. Ces groupes recourent très souvent à des médias (comme les contes, le théâtre…) pour permettre aux jeunes patients de développer leur capacité de symbolisation et de représentation. Hormis les outils utilisés, destinés à faciliter l’expression, l’usage du groupe permet également de former une enveloppe groupale, qui servira de support à l’expression des émotions et des ressentis.

V.B, psychologue clinicienne

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