Un flop, le contrat d’insertion des jeunes ?

Un flop, le contrat d'insertion des jeunes ?

Mesure proposée par l’ancienne ministre wallonne de l’Emploi et visant principalement les jeunes, le contrat d’insertion ne semble pas faire d’adeptes, comme le révèle Le Soir. Depuis la mise sur pieds du dispositif, en juillet dernier, seulement 8 contrats ont été signés. Alors que 8.400 jeunes entrent dans les conditions.

La réforme des aides à l’emploi de l’ancienne ministre wallonne est entrée en vigueur le 1er juillet dernier, avec, comme dispositif le contrat d’insertion jeune. Visant à remettre les jeunes de – de 25 ans, inoccupés depuis au moins 18 mois, sur le marché en concluant un contrat d’emploi de 12 mois (non renouvelable) avec une entreprise, le dispositif ne rencontre pas le succès souhaité. En effet, il est souvent délaissé pour d’autres mesures, visant les – de 25 ans et les personnes inactives depuis au moins 12 mois.

Un dispositif flou

Un des soucis du dispositif semble être le manque de concret de la mesure. Comme le précise Jean de Lame (de l’Unions wallonne des entreprises) au Soir « Un patron a besoin d’exemples concrets et positifs pour se lancer. Où sont-ils ? Qui sont les jeunes potentiellement concernés ? Une embauche, c’est d’abord un contrat de confiance entre deux personnes au départ d’une curiosité mutuelle. La définition d’une nouvelle mesure ne suffit pas à la rendre efficace. »

De plus, la mesure entre en « concurrence » directe avec deux autres dispositifs, l’un visant les jeunes de – de 25 ans et l’autre les jeunes inactifs depuis au moins 12 mois. Le Forem reconnait qu’ « En raison des conditions d’accès aux aides, un demandeur d’emploi éligible à l’Impulsion insertion (le nom officiel du programme, NDLR) le sera aussi et d’abord dans le cadre de l’Impulsion – 25 ans ou de l’Impulsion 12 mois +. La concurrence peut amener des effets de captation au détriment de l’insertion. Sans compter que des obligations, comme le temps plein, ne rencontrent pas les besoins de tous les secteurs. »

Un manque de communication ?

Le manque de succès que rencontre la mesure pourrait, s’est demandé le député cdH Benoit Drèze, être attribué à un manque de communication de la mesure auprès des personnes cibles. Cependant, au Cabinet du nouveau ministre en charge, Pierre-Yves Jeholet, on insiste sur le fait que « les entreprises ont été informées avec des séances d’information spécifique ». Même son de cloche au Service Public de l’Emploi, qui indique au Soir que les jeunes éligibles ont été contactés. « Nous leur avons adressé un courrier sur ce sujet en les incitant à solliciter nos services, indique-t-on. Depuis le 1er juillet, les 1.842 jeunes devenus éligibles ont été convoqués pour un entretien. »

Une volonté d’engagement

Pour la ministre sortante, Eliane Tilieux, les partenaires sociaux auraient dû aller plus loin concernant la mesure. Pour elle, ce dispositif ne sera pris en compte que par les entreprises ayant une réelle volonté d’engagement social. En effet, celle-ci précise au Soir « Un jeune sans expérience, inactif depuis 18 mois, pour un gain de 700 euros : une entreprise doit avoir le sens de l’obligation sociétale chevillée au corps pour embarquer dans ce système. Les partenaires sociaux auraient pu faire mieux. Et depuis lors, les incertitudes sur la réforme des points APE ont rendu frileux des tas d’employeurs publics et associatifs potentiels. »

Les objectifs du dispositif ?

Le contrat d’insertion vise les jeunes de moins de 25 ans, inoccupés depuis au moins 18 mois. Ils peuvent bénéficier d’un contrat d’emploi de 12 mois, non renouvelable, au sein d’une entreprise. En contrepartie, l’employeur perçoit une aide de 700 euros, qu’il peut déduire du salaire net de son travailleur.

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