La Région bruxelloise prend les devants en Santé mentale

La Région bruxelloise prend les devants en Santé mentale

A l’occasion de la journée de la Santé mentale, le 10 octobre dernier, le Guide Social a voulu en savoir un peu plus sur le réel suivi du ministre en charge, Didier Gosuin. Nous lui avons donc posé quelques questions.

Alors que le secteur des soins pédopsychiatriques appelle la ministre de la Santé, Maggie De Block, à ne pas couper dans les budgets, la Région bruxelloise dévoilait, à l’occasion de la journée de la santé mentale, le 10 octobre dernier, sa volonté de lutter contre les clichés dont sont victimes les personnes en souffrance psychique. La Région, par le biais des ministres Didier Gosuin et Guy Vanhengel, a également souhaité renforcer l’offre faite aux jeunes. Le Guide Social a voulu en savoir un peu plus sur la réelle implication du Cabinet du ministre Gosuin et lui a posé quelques questions.

LGS : Auriez-vous des chiffres par rapport à la mise en place d’un réseau infanto-juvénile en Région bruxelloise ?

S’agissant des chiffres pour Bru Stars, les équipes mises en place viennent d’être créées et commencent seulement à enregistrer les données relatives aux demandes d’intervention. La priorité a été donnée à la gestion des situations de crise (attention : ce ne sont pas des situations où la vie des personnes est en danger mais des situations où l’encadrement, l’entourage perd la maîtrise , où l’on ne voit pas de solutions et où les risques d’escalade sont réels). Sur une première période de 6 mois entre 2016 et 2017 on a pu dénombrer 130 appels à l’aide dont la plus grande partie émanait des hôpitaux, du Service de Protection de la Jeunesse et du secteur ambulatoire. Pour l’hébergement en cas de crise, les hôpitaux HUDERF, Erasme, St Luc, UZ Brussel, Saint Jean, Brugmann, Titeca et Epsylon (Area+) ont libéré 12 lits de crise (cela correspond à 10% en pédopsychiatrie de Bruxelles) dédicacés à la crise. Dans le même temps les services de santé mentale sont associés à la nouvelle politique pour enfants et ado pour assurer leur soutien en cas de crise et de continuité de soins.

LGS : Des études ont été menées par la Fondation Roi Baudouin, entre autres : disposez-vous des résultats ?

Nos services ont effectivement pris connaissance des études de la FRB comme également celles du KCE et des autres services d’études (Observatoire du Social et de la Santé, Mutualités, …) ; d’où investissement dans ce dossier et notre communiqué de presse.

LGS : Avez-vous un premier retour sur le fonctionnement de Bru Stars, depuis sa mise sur pieds en 2015, en matière d’offre de soins plus « mobiles » ?

S’agissant de Bru Stars, nous sommes en contact permanent avec la coordination et les pédopsychiatres qui encadrent les équipes mobiles de terrain. Nous suivons par ailleurs les travaux du Comité de réseau qui suit le développement des différents programmes en cours (soins de crise, soins de longue durée, double diagnostique, troubles de l’attention et hyperactivité, …). L’équipe mobile a intégré l’équipe mobile « double diagnostique » qui était jusqu’il y a peu un projet –pilote à l’HUDERF. S’agissant des partenariats, le projet Bru Stars rassemble les acteurs sur Bruxelles spécialisés du secteur de l’aide à la jeunesse, les juges de la jeunesse, les services hospitaliers spécialisés en pédopsychiatrie (bicommunautaire et mono communautaire), l’enseignement (PMS), les services de santé mentale, les représentants des patients, les services de planning familial, le secteur du handicap, les services d’aide aux personnes, les services spécialisés dans le diagnostic des troubles de l’attention, de l’autisme, des retards du langage, … Il s’agit bien d’une approche intersectorielle dans l’intérêt de l’enfant et de l’adolescent.

LGS : Pour le futur, le ministre a-t-il d’autres projets concernant la santé mentale ?

D’autres projets pour les adultes sont à l’étude visant essentiellement le rétablissement au travers d’activités locales et artistiques très ciblées. Par ailleurs, la Cocom étudie différentes possibilités de soutien privilégiant le rétablissement des patients en proie à des souffrances d’ordre psychologiques et psychiatriques. S’agissant de la première ligne de soins, nous étudierons en collaboration avec la médecine générale la faisabilité d’une meilleure accessibilité des soins psychologiques au niveau de la 1ère ligne.

LGS : Connaissez-vous les offres des autres entités en la matière ? (Fédéral, FWB, Région wallonne…) ?

Dans beaucoup de projets et notamment Brustars, les acteurs relevant d’autres entités fédérées sont directement impliqués (exemple : l’enseignement, l’aide à la jeunesse, etc.). Au travers des rencontres organisées par l’autorité fédérale en matière de santé (ex : Conférences Interministérielles), nous sommes régulièrement informés des projets qui se développent dans les différentes régions du pays. S’agissant des enfants et des adolescents en santé mentale, les secteur de l’aide à la Jeunesse en Communauté française a entamé un travail de réflexion avec la Région Wallonne sur un renforcement de la collaboration intersectorielle. Ces réflexions seront ensuite élargies au secteur de la santé à Bruxelles. La Communauté flamande restructure son offre en santé mentale et psychiatrie avec l’objectif d’une plus grande intégration des secteurs. Bruxelles est associé à cette réflexion. En santé mentale, les actions des communautés et régions s’articulent autour des accords politiques qui ont été conclus par le passé avec les autorités fédérales au travers des protocoles d’accord entre les différentes autorités du pays notamment autour de la Réforme en santé mentale pour adultes et les projets d’une nouvelle politique en santé mentale pour les enfants et les adolescents.

La rédaction



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