Le projet de refonte du secteur du sans-abrisme sous les critiques

Le projet de refonte du secteur du sans-abrisme sous les critiques

Suite à l’affaire du Samusocial de Bruxelles en juin dernier concernant les rémunérations infondées de ses administrateurs, Pascale Peraïta et Yvan Mayeur, la ministre en charge de l’Aide aux personnes à Bruxelles, Céline Frémault, a annoncé vouloir reformer en profondeur le secteur. Réforme qui ne plait pas à tout le monde.

La situation du Samusocial a immanquablement engendré des conséquences. Ainsi, si la volonté des ministres bruxellois en charge, Céline Frémault et Pascal Smet, de refonte du secteur était antérieure au scandale, la concrétisation des mesures a dû s’accélérer. Transformation de l’asbl en structure publique, création d’un nouvel organisme, le BAIS (Bureau d’Aide et d’Insertion Sociale) constituent les nouvelles mesures des ministres. Cependant, le BAIS ne fait pas l’unanimité. Censé englober la Strada (le Centre d’appui au secteur bruxellois de l’aide aux sans-abri) et le Samusocial actuel, il n’est pas au goût de tous. Le Conseil consultatif de la santé vient en effet d’émettre un avis défavorable sur le projet d’ordonnance du gouvernement bruxellois.

Une mauvaise organisation

Le Conseil consultatif épingle la mauvaise organisation, selon lui, des organes du BAIS. En effet, celui-ci devrait tant assurer la coordination du secteur que récupérer les missions d’urgence qui dépendaient du Samusocial. Le Conseil consultatif pense que cela pourrait créer une confusion des rôles que chacun doit adopter. Pour lui, les missions d’urgence ne devraient pas être de la responsabilité du BAIS, mais bien d’un centre indépendant, qui serait sur le même pied d’égalité que tous les acteurs.

L’urgence, au cœur du dispositif

Concernant les mesures d’accueil d’urgence, le Conseil consultatif craint que celles-ci prennent le dessus sur les mesures de réinsertion et de prévention. Dans l’ordonnance, seules les premières bénéficient d’une garantie de subventions, alors que les secondes sont réalisées sous réserve des finances.

L’approche intégrée délaissée

Egalement au centre des préoccupations, l’approche intégrée, indispensable pour répondre aux enjeux du sans-abrisme, qui n’est pas présente dans le texte d’ordonnance. A la place de favoriser des trajets de soins portant sur la pluri-disciplinarité, l’ordonnance met en avant des dispositifs très linéaires. Ainsi, pour le Conseil consultatif, il est indispensable de prendre en compte des facteurs tels que l’isolement, la santé mentale, la toxicomanie, le handicap, le surendettement…

Les auditions continuent

Si certains amendements ont été transmis aux cabinets des ministres concernés, toutes ces questions, et d’autres, ont été soulevées en Commission parlementaire et continuent de l’être. Ainsi, le député Ecolo Alain Maron explique « Jusqu’à présent, il y a une convergence forte pour dire qu’il faut rééquilibrer la politique d’aide aux sans-abri et mettre en place une politique volontariste pour diminuer le nombre de sans-abri. Le Samusocial ne peut plus être le cœur de la politique régionale. Pas seulement en raison des problèmes de gouvernance mais aussi parce qu’il incarne la priorité absolue longtemps donnée à la politique d’urgence. Il faut sortir de la logique Samusocial. »

Les interrogations des députés ont déjà trouvé une part de réponse, puisque la ministre en charge, Céline Frémault, a assuré que l’ordonnance serait modifiée. Elle précise à la Dernière Heure « Que l’avis ne soit pas entièrement positif n’a rien d’étonnant vu l’ampleur de la réforme. On retient que le Conseil nous soutient dans notre volonté de garantir le financement d’actions comme les centres de jour ou Housing First et sur la volonté d’accompagner la sortie de rue en se focalisant moins sur l’urgence. Et on entend aussi les craintes émises quant au risque d’avoir une structure de coordination avec beaucoup de missions. Comme pour chaque ordonnance, les ministres compétents reproposeront une version adaptée au gouvernement suite aux différents avis remis. »

La rédaction

- Le plan hiver, c’est parti !
- Samusocial : du travail bénévole pour les administrateurs
- Un nouveau CA pour le Samusocial, mais… la même directrice ?
- Samusocial : un futur CA composé de professionnels du terrain ?
- Le Samusocial, ultime preuve d’un système qui doit être réformé ?



Ajouter un commentaire à l'article





« Retour

Pour votre facilité, ce site utilise les cookies conformément à nos conditions générales.