Petits bébés, grands oubliés…. Toujours d’actualité ?

Petits bébés, grands oubliés.... Toujours d'actualité ?

Alors qu’ils constituent la société de demain, les nouveaux-nés demeurent encore bien trop souvent peu pris en considération dans les mesures concernant l’aide et la protection à l’enfance. Ces dernières années ont été marquées par des mesures freinant une prévention efficace des troubles des liens précoces et ne permettant pas un accompagnement efficient des fragilités détectées. Cela suffit, il est temps de prendre soin de ces bambins et de leurs parents.

Entre la fermeture d’unité d’hospitalisation Mère/Enfant(s), le raccourcissement des durées de séjour des mamans et de leur nouveau-né à la maternité, le peu de services disposant de personnel réellement formé aux tout-petits, les listes d’attente pour obtenir une place dans un MIIF (Mission Intervention Intensive en Famille), les professionnels crient leur désarroi face à la pénurie de structures capables de répondre à leurs demandes.

Séjours à la maternité de plus en plus courts

Il y a 30 ans, une jeune maman restait 5 jours à la maternité après avoir donné naissance à son enfant. Actuellement, un séjour moyen se résume à 2 jours. Cet espace temps laisse à peine l’opportunité au TMS (travailleur médico-social) de l’ONE (office national à l’enfance) de venir rencontrer les parents et leur bébé. Il n’y a plus d’espace pour parler de sa crainte de ne pas y arriver, de se sentir débordés par cette nouvelle aventure. Tout doit aller vite et bien ! Et s’il s’agit en plus que la/le psychologue ou le/la pédopsychiatre puisse venir rencontrer cette nouvelle cellule familiale, les 2 journées de séjour à la maternité sont insuffisantes pour créer un réel accrochage.

Une formation spécifique très pointue

Détecter un trouble relationnel entre un bébé et son parent demande un œil averti. Tout intervenant psychosocial ne peut pas se targuer d’en être capable. Savoir décoder les signes d’un retrait relationnel de la part d’un nouveau-né passe par une formation solide. La passation d’un Brazelton peut venir compléter ou nuancer une première impression clinique. Malheureusement peu d’équipes disposent dans leur personnel de professionnels outillés pour cette clinique très spécifique qu’est celle de la petite enfance.

Les MIIF

Les MIIF existent depuis plusieurs années et ont été créés pour répondre à un besoin bien réel. Il s’agit d’une équipe d’intervenants qui se mobilise de manière intensive auprès des enfants de 0 à 3 ans et leur famille. Malheureusement, le nombre de places disponibles est manifestement insuffisant vu les délais d’attente pour y obtenir une place. Face à cette pénurie, des services comme le SAJ ou le SPJ se voient obligés de se tourner vers d’autres options, mais qui ne viennent pas nécessairement répondre aux besoins princeps d’un tout-petit et de son/ses parents.

Travail du lien mère-enfant

Les équipes spécialisées dans la petite enfance ne sont pas légion. Et ces dernières années des unités Mère/Enfant(s) ont dû mettre la clé sous le paillasson. Or, nous savons combien le travail d’un lien mère/enfant nécessite un travail soutenu, parfois en recourant à un séjour de cette dyade au sein d’une structure hospitalière spécifique. Face à l’absence de place, quelles alternatives peuvent pour offrir un cadre de soin suffisamment sécurisant pour ce tout petit ? Devons-nous en arriver à placer un nouveau-né alors que l’indication clinique adéquate s’oriente vers un séjour en unité Mère/Enfant(s) ? Les professionnels se refusent à ce choix, mais la société nous laisse-t-elle une autre option ?

Bébés parqués… ouverture de places en urgence

Face au nombre de bébés parqués dans les hôpitaux en attente d’une place en pouponnière, des places d’urgence ont été ouvertes dans certaines pouponnières. Il s’agit d’une place pour un séjour de 20 jours renouvelable une fois. Il est malheureusement rare qu’en 40 jours, les parents soient capables d’accueillir à nouveau leur enfant. Ces places existent depuis maintenant quelques mois, nous allons donc objectiver dans les prochains mois si elles suffiront à absorber la demande.

V.B, psychologue clinicienne

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