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Date(s) de l'événement
Le 22/02/18

Lieu de l'événement
1080 Molenbeek-Saint-Jean

Type
Rencontre-débat

Thème
Affaires sociales

P.A.F. : 0

Organisateur
Association des Locataires de Molenbeek et Koekelberg asbl

Adresse
boulevard du Jubilé, 54
1080 Molenbeek-Saint-Jean

Téléphone
02/410.29.65

De l'islam du sacrifice à l'islam des théophanies

à Molenbeek-Saint-Jean

De l'islam du sacrifice à l'islam des théophanies

«Autrefois, je blâmais ceux dont la religion n'était pas proche de la mienne (...), mais aujourd'hui mon coeur est devenu capable de toutes les formes. Une prairie pour les gazelles, un couvent pour les moines, un temple pour les idoles, une Kaaba pour le pèlerin, les Tables de la Thora, le Livre du Coran. Je professe la religion de l'Amour, et quelle que soit la direction que prenne sa monture, l'Amour est ma religion et ma foi.» (Ibn Arabi1)

Contrairement au christianisme où Dieu s'est fait homme en Jésus-Christ, le divin dans l'islam «légalitaire» ou «abstrait»2 reste transcendant et totalement coupé ou en retrait du monde sensible. Un prophète (Moïse, Jésus-Christ ou Muhammad) est un «envoyé» ou «messager» de Dieu, mais pas Dieu. Nul immanentisme divin donc dans l'islam «abstrait». Dit en passant, cela explique la déconsidération du monde de l'ici-bas que propagent/renforcent certains funestes prédicateurs islamistes auprès d'une jeunesse en errance. Ils invitent cette jeunesse à sacrifier cet «unique coup d'essai» que constitue leur vie pour un hypothétique paradis truffé de houris éternellement vierges. Mais cela explique aussi l'exécration que voue cet islam à toute figuration - et encore plus à des «caricatures blasphématrices» - du divin ou du prophète Muhammad. Nous y reviendrons.

Mais si Dieu, pourrait-on répliquer à l'islam «abstrait», est coupé du sensible, comment expliquer l'ensemble de Sa création ? N'y «participe»-t-Il pas ? Ou n'y «effuse»-t-Il pas ?

Le Dieu de l'islam «spirituel» ou «concret», pour reprendre le hadith qudsi célèbre, est un «Trésor caché» qui pour être «connu» a crée les créatures. Cet islam bien que maintenant l'impossibilité de l'incarnation divine, pose que Dieu se manifeste dans tout être et toute chose. Êtres et choses du monde sont «comme» des «miroirs» dans lesquels se mire le divin. Dieu apparaît dans le sensible tout en restant caché. Dit autrement : Il se scelle en se descellant.

Ou encore tenir Dieu comme essence «informe» veut dire qu'aucune «forme» n'est susceptible de Le révéler. Mais tout aussi bien qu'Il ne Se manifeste que par l'effusion de «formes» (ou de «possibles») nécessairement infinies et asymptotiques, c'est-à-dire ne le rejoignant ou ne L''atteignant jamais. Si l'essence de Dieu, pour reprendre Mollah Sadrâ, est «toute chose» ou «toute forme», il convient donc d'ajouter - encore et encore - qu'Il ne S'incarne donc en aucune d'elle ou n'est aucune d'elle. Tel est, cavalièrement dit, l'islam des théophanies.

«Nous avons vengé le prophète» ont crié, le 7 janvier 2015, les assassins de Charlie Hebdo. Pour eux, le prophète, le Messager de Dieu, aurait donc été blessé, souillé par de simples caricatures ! L'infigurabilité de Dieu et du prophète Muhammad n'est-elle pas à entendre comme suit : Toute figure, visible et finie, conférée à Dieu ou au prophète par un «humain» ou un pauvre mortel ne peut que «rater» l'essence, foncièrement «invisible» et «infinie», qui transit Dieu ? Si oui, alors tout humain qui prétend dresser un portrait, «visible» et «fini», de Dieu et dire «ceci est Dieu» ne peut être qu'un «idolâtre», soit tenir UNE manifestation divine pour Dieu ou tenir une figure, contingente et mortelle, du «fini» pour La Figure, nécessaire et éternelle, de «l'infini». Les terroristes, épinglés par l'islam «légalitaire», en conférant du poids à de «simples» caricatures («Ceci est le prophète» !) ont ainsi trahi leur «idolâtrie» (des images) ! Tenir, par ailleurs, des caricaturistes pour des «mécréants», des koufars, soit des êtres à éliminer, n'est-ce pas soustraire à Dieu la puissance même de gouverner les koufars, soit soustraire aux humains la liberté de choisir parmi l'infinité des possibles (ou formes) présent(e)s dans le Réel et émanant de Dieu lui-même ?

Si Souâd Ayada, agrégée et docteur en philosophie et auteure, entre autre, de L'islam des théophanies (CNRS éditions, 2010), nous éclairera, avec le philosophe Ibn Arabî, sur l'existence de deux islams (légalitaire ou abstrait vs spirituel ou concret), Jacob Rogozinski, également agrégé et docteur en philosophie et auteur, entre autre, de Djihadisme : le retour du sacrifice (Desclée de Brouwer, 2017), nous aidera, lui, à relever les raisons ou les causes socio-politiques qui pousseraient, selon lui, de «jeunes immigrés» sur la piste du djihadisme.


Programme du 22 février 2018

09h30' : Accueil

09h45' : (Sous réserve) Ouverture de la journée par C. Fremault, Ministre du Logement en Région de Bruxelles-Capitale et S. Turine, échevine de la Cohésion Sociale à Molenbeek;

10h15' : David Vanhoolandt, philosophe et travailleur social au Projet de Cohésion Sociale-Machtens : Islam mortifère ou vivant ? De quelques constats de terrain;

10h45' : Pause - café;

11h00' : Souâd Ayada : De l'islam des théophanies. Une religion à l'épreuve de l'art;

12h00' : Débats;

12h45' : Fin des débats;

14h00' : Reprise. Ben Merieme Mohamed, philosophe et assistant social à l'Association des Locataires de Molenbeek et Koekelberg : De l'islam du «semblant» à l'islam du «réel»;

14h30' : Jacob Rogozinski : Djihadisme : le retour du sacrifice;

15h30' : Pause-café;

15h45' : Débats;

16h30' : Clôture de la journée.


LIEU :
Centre Culturel Maritime de Molenbeek (CCM),
rue Vandenboogaerde 93, 1080 Molenbeek

Contacts:
associationdeslocataires@hotmail.com
Tel: 0498/29.29.75

P.A.F 15 euros/ 5 euros


Contact Association des Locataires de Molenbeek et Koekelberg asbl

boulevard du Jubilé, 54
1080 Molenbeek-Saint-Jean
Tél : 02/410.29.65

P.A.F. : 0

(publié le 09/01/18)




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