Test Achats a testé l’accessibilité des psychologues conventionnés

Test Achats a testé l'accessibilité des psychologues conventionnés

Dans quel délai peut-on trouver de l’aide auprès d’un psychologue conventionné de première ligne ? C’est la question à laquelle Test Achats et son équipe de Test Santé ont voulu répondre en organisant une enquête à double scénario. L’organisation de consommateurs a constaté que dans plus de la moitié des cas, le patient était aidé dans un délai d’un mois, mais que pour un nombre considérable de patients, le temps d’attente était plus long.

Plus de la moitié des psychologues ont proposé un premier rendez-vous dans le mois

De nombreuses personnes souffraient déjà de troubles d’anxiété et de dépression et cette crise sanitaire n’a souvent fait qu’aggraver ces difficultés. On sait que les problèmes d’ordre psychologique peuvent devenir de plus en plus difficiles à traiter à mesure qu’ils restent sans traitement ; il est donc primordial d’intervenir le plus tôt possible. C’est pourquoi le gouvernement précédent a décidé de rembourser, sous certaines conditions, un certain nombre de séances avec un psychologue de première ligne. Ces psychologues de 1ère ligne offrent des conseils à court terme et axés sur les solutions pour traiter les plaintes débutantes ou légères.

Test Achats a sélectionné au hasard 110 psychologues pour adultes et 110 psychologues pour adolescents (2 x 10 par province), tous conventionnés. En avril, l’organisation de consommateurs les a contactés par e-mail et/ou par téléphone. Deux scénarios ont été utilisés : dans le premier scénario, l’équipe de Test Santé s’est renseignée sur les possibilités et les délais de rendez-vous pour une nièce mineure présentant des symptômes dépressifs. Dans le deuxième scénario, les experts de Test Santé se sont renseignés pour un frère adulte qui a des difficultés. Tous deux avaient reçu une prescription de leur médecin traitant pour bénéficier de séances remboursées.

- Lire aussi : Comment gérer l’urgence psychologique ?

Suivant les termes des accords officiels, un psychologue de première ligne doit s’efforcer de donner un premier rendez-vous dans un délai d’un mois. “Le fait que plus de la moitié des psychologues de l’échantillon proposent un rendez-vous dans ce délai est remarquable, surtout si on le compare aux temps d’attente dans d’autres secteurs des soins de santé. Un psychologue sur trois a même donné un rendez-vous dans les deux semaines. Malheureusement, ce n’était pas le cas pour une proportion importante d’entre eux. Certains psychologues ont gelé les rendez-vous et jusqu’à 25 % des psychologues contactés n’ont pas accepté de nouveaux patients en raison de longues listes d’attente. Il n’y a que chez sept psychologues (sur les 220) que les patients auraient pu obtenir un rendez-vous plus rapide en choisissant la voie d’un rendez-vous non-remboursé », pointe JPh. Ducart, Manager et porte-parole de Test-Achats.

Obstacles géographiques subsistants

Cet instantané chiffré révèle que le temps d’attente pour un grand nombre de psychologues de première ligne n’est pas trop mauvais dans l’ensemble, bien qu’il y ait de grandes différences provinciales et régionales. Ainsi, un habitant de La Panne ou de Rouvroy (province de Luxembourg) devra parcourir plus de 30 kms pour se rendre chez un psychologue conventionné. Selon Test Achats, cela se révèle incompatible avec un système de soins de santé mentale accessible, proche et de qualité.

- Lire aussi : Chronique d’un psy : ’’ Comment vont les psy ? ’’

"Une vaste campagne d’information doit être menée"

Par ailleurs, en 2020, seuls 3,7 millions d’euros ont été dépensés par l’INAMI pour le remboursement des soins fournis par les psychologues, alors qu’un budget de 36 millions d’euros avait été alloué à cet effet. Cela semble indiquer que de nombreuses personnes ne parviennent pas encore à trouver le chemin d’un psychologue conventionné, ignorant que le remboursement est possible et à qui ils doivent s’adresser pour cela.

Test Achats demande au ministre de la santé Frank Vandenbroucke de mener une campagne d’information pour familiariser les gens avec ce système. "Il est également nécessaire de s’attaquer à d’autres obstacles tels que le manque de proximité géographique de psychologues conventionnés et la prescription obligatoire d’un médecin avant de pouvoir entamer le processus de soin", conclut-il.

- Lire aussi : Devenir psychologue indépendant : les conseils de Quentin Vassart



Ajouter un commentaire à l'article





« Retour

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies.   J'accepte   En savoir plus