Des formations bidon pour les conseillers en IPPJ ?

Des formations bidon pour les conseillers en IPPJ?

A la suite des attentats de mars 2016, l’Exécutif des Musulmans a lancé une formation à destination des conseillers islamiques reconnus, soit les professionnels chargés d’apporter une assistance morale et religieuse dans les établissements pénitentiaires et les IPPJ. Trois conseillers dénoncent cette formation, qu’ils jugent inefficace.

Après les attentats de mars 2016, l’Exécutif des Musulmans (EMB) a lancé une formation à destination des conseillers islamiques. Ces personnes, chargées d’apporter un soutien moral et religieux évoluent au sein des établissements pénitentiaires, mais également des Institutions Publiques de Protection de la jeunesse (IPPJ). Ainsi, depuis octobre 2016, à l’initiative du président de l’EMB, Salah Echallaoui, une formation de 4 mois en droit pénal, psychologie et communication est accessible aux conseillers islamiques reconnus. Cette formation, organisée en collaboration avec les services du ministre Marcourt, a pour objectif de permettre aux conseillers d’approfondir leurs connaissances de terrain et développer leurs techniques de communication. Cependant, trois de ces conseillers dénoncent le projet, qu’ils qualifient de bidon.

Pour rassurer

Le constat établi par ces trois conseillers en IPPJ est sans appel : la formation organisée est bidon, en décalage total avec les réalités du terrain et serait même improvisée partiellement. Cette formation aurait été mise en place avec pour seul objectif de satisfaire les demandes des politiques et des medias. Peu importe le fond ou la forme, la formation ne correspond pas du tout aux attentes, d’après les conseillers, qui travaillent dans les 5 IPPJ de la FWB.

« Nos interpellations restent sans réponses. Nous étions déçus de la médiocrité de ce qui nous a été offert. Pour exemple, pour le cours de communication, nous nous sommes trouvés devant un professeur de français qui voulait nous apprendre à dire bonjour ! Pour la formation en Droit, la formatrice n’était même pas au courant qu’elle allait être confrontée à des conseillers en IPPJ ! », souligne l’un d’eux, Mohamed Azaitraoui, à l’Avenir.

Même son de cloche chez deux collègues « On s’est demandé ce qu’on faisait là. Ce qui était très frappant, c’était qu’au tout début de la formation, une équipe de télévision était venue faire un reportage. On a eu l’impression que c’était pour la galerie », explique Moaz Mahfoud, attaché aux IPPJ de Fraipont et Jumet. « La forme posait aussi problème, quand on a arrêté de venir, ils nous ont envoyé des recommandés pour nous dire que c’était obligatoire. Oui, on peut parler d’une forme de harcèlement », explique à l’Avenir Soumaya Andaloussi.

Une rencontre avec le Cabinet

Du côté du ministre Rachid MAdrane, en charge des IPPJ et de l’Aide à la Jeunesse, on confirme que « Non, ces formations ne ressortent pas de nos compétences. Il ne s’agit d’ailleurs pas de formations pour les IPPJ mais de formations destinées aux conseillers islamiques reconnus, qu’ils travaillent en prison ou en IPPJ. Ces formations ont été lancées par l’Exécutif des musulmans. Le ministre a juste été interpellé à ce sujet et une rencontre est prévue avec le Président de l’exécutif. »

L’EMB a également été contacté, mais n’a pas encore fait suite à notre demande.

LA rédaction



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