Le Centre hospitalier Jean Titeca de Bruxelles a créé sept lits pour les patients " double diagnostic "

Le Centre hospitalier Jean Titeca de Bruxelles a créé sept lits pour les patients

30.000. C’est le nombre de personnes qui pourraient potentiellement être touchées par la problématique du « double diagnostic ». Jusqu’il y a peu, la ville de Bruxelles n’offrait pas, dans ses centres hospitaliers, de services spécialisés pour cette patientèle. Le premier octobre dernier, après un long combat mené par des associations, l’unité de soins « Les bambous » du Centre hospitalier Jean Titeca (CHJT) de Bruxelles aménageait sept nouveaux lits. Une information qui nous vient de La Libre Belgique.

Qu’est-ce que le "Double Diagnostic" ?

La problématique du « Double Diagnostic » concerne des patients qui souffrent d’un handicap mental et qui ont été amenés, un jour dans leur existence, à subir des crises de décompensations psychiatriques. Celles-ci sont parfois très violentes (envers le malade lui-même et envers les autres) et généralement mal encadrées sur le plan thérapeutique. Pourquoi ? Le « Double Diagnostic » fait s’entremêler deux univers : celui du handicap mental et celui de la santé mentale. Ces derniers n’ont pas l’habitude de travailler ensemble. Ils éprouvent donc des difficultés à collaborer pour trouver des réponses communes à ce trouble spécifique. Pourtant, celui-ci pourrait potentiellement toucher 30.000 personnes.

30.000 personnes susceptibles d’être touchées

En effet, environ 300.000 Belges souffrent de déficiences intellectuelles. 100.000 d’entre eux développent également, pendant l’enfance ou l’adolescence, une maladie mentale à des degrés divers : dépression profonde, troubles de l’attachement, psychose, troubles de l’humeur, etc. Et « environ un tiers de ces personnes handicapées mentales présentent, au moins une fois au cours de leur vie, un épisode de troubles sérieux du comportement », indique le docteur Pierre Titeca, président du conseil d’administration du CHJT et psychiatre au sein de l’hôpital, à la Libre Belgique. “Ce qui veut dire qu’en Belgique, environ 30.000 personnes nécessiteront, à un moment de leur vie, une prise en charge très spécialisée.

Bruxelles en manque de lits "Double Diagnostic"

Malgré ces chiffres alarmants, avant le premier octobre dernier, il n’existait pas de centre médical à Bruxelles spécialisé dans le « Double Diagnostic ». Les patients bruxellois devaient se tourner vers l’unité 23 du Centre psychiatrique de Manage, dans la province du Hainaut. Mais ce dernier ne dispose que de 25 lits – toujours occupés - pour Bruxelles et la Wallonie. Il fallait donc s’inscrire sur une longue liste d’attente et les chances d’être suivi demeuraient minces. Un autre service spécialisé « Double Diagnostic » existe en Fédération Wallonie-Bruxelles. Mais il se situe dans la clinique des frères Alexions Henri-Chapelle, à Welkenraedt, soit à une heure et demie, voire deux heures, de route en voiture de Bruxelles… A nouveau, difficile pour un Bruxellois de suivre un traitement à une telle distance.

Le combat des associations

Face à cet état de fait, des associations regroupant des familles touchées par le handicap mental ont réagi. En particulier, l’Association Inclusion. Elle a créé un groupe de travail « Double Diagnostic » pour sensibiliser le monde politique à la création d’une unité de soins hospitaliers comportant des lits « Double Diagnostic » à Bruxelles. En 2013, le Centre hospitalier Jean Titeca rejoignait ce groupe de travail. Après environ 5 années de combat, le premier octobre 2018, l’unité de soins « Les bambous » du Centre hospitalier Jean Titeca de Bruxelles aménageait sept premiers lits « Double Diagnostic ». A terme, l’objectif est d’arriver à une offre de 15 à 21 lits pour 2020.



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