Les "boîtes à bébés" au centre de la polémique

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La création d’une "boîte à bébés" à Evere, en région bruxelloise, a été interdite en septembre dernier par le bourgmestre de la commune. L’ASBL Corvia, à l’origine du projet, a entamé une procédure au Conseil d’Etat pour contrer cette interdiction : selon elle, le bourgmestre a enfreint ses compétences.

En janvier 2017, l’ASBL Corvia s’est engagée dans une initiative qui a suscité la polémique : la création d’une "boîte à bébés" pour la commune d’Evere, à Bruxelles. Ce dispositif consiste à créer un lieu où des personnes en difficulté peuvent abandonner leur enfant, en gardant leur anonymat et en garantissant la sécurité du bébé. Alors que la "boîte à bébés" était prête et attendait seulement le feu vert des autorités, le bourgmestre a décidé en septembre de l’interdire. Corvia réplique donc en s’engageant dans une procédure auprès du Conseil d’Etat.

La légalité de la décision en question

Selon l’ASBL Corvia, le bourgmestre aurait outrepassé ses fonctions en interdisant l’ouverture de la "boîte à bébés" le 21 septembre 2017. "Dans cette prise de décision, le bourgmestre est sorti de ses compétences et les arguments annoncés étaient incorrects", a indiqué l’association dans un communiqué. De son côté, Pierre Muylle, le bourgmestre faisant fonction, s’est défendu. "Après concertation avec les différents acteurs communaux concernés, la conclusion était que l’abandon dans une ‘boîte à bébés’ n’était pas une solution, outre le fait que cette structure ne respecte pas la loi", a-t-il affirmé selon L’Avenir.

En Belgique, seule une "boîte à bébés" existe, à Anvers. Dans ce dispositif, créé en 2000 par l’association Moeders voor Moeders, une quinzaine d’enfants ont été déposés.

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Une solution, ou une incitation à l’abandon ?

Si la "boîte à bébés", ou "tour d’abandon", fait polémique, c’est qu’elle est considérée pour beaucoup comme une forme d’incitation à l’abandon. En effet, il s’agit d’un moyen facile d’accès et anonyme pour un acte extrêmement lourd. Pourtant, Corvia insiste sur le fait qu’il s’agit simplement de donner une possibilité aux personnes en grande difficulté de le faire de la façon la plus sécurisée possible. En effet, pour des mères seules ayant déjà de grosses difficultés financières par exemple, élever un enfant est une tâche qui peut paraître impossible. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle certains CPAS proposent des programmes pour venir en aide aux mères isolées. Dans cette optique, la présidente de l’association Mathilde Pelsers affirmait en 2017 qu’elle espère que "la tour ne sera jamais utilisée."

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Une prévention nécessaire

Pour éviter réellement le recours à l’abandon, l’une des solutions pourrait être de favoriser la prévention de ces situations extrêmes. Dans le cas des mères isolées suite à une séparation, il pourrait s’agir d’encourager les pères à s’investir dans l’éducation de l’enfant et à subvenir à ses besoins, malgré la rupture du couple. De manière générale, une politique de lutte contre la pauvreté énergique et cohérente apparaît nécessaire. Enfin, afin d’éviter des grossesses non-désirées, favoriser la prévention en matière de contraception, mais mieux informer sur l’Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) et la rendre plus accessible pourraient être des solutions.

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La rédaction



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