Manager sans (s’)épuiser

Manager sans (s')épuiser

Manager est un art : le manager est entre le marteau et l’enclume, il doit composer avec les attentes et besoins de plusieurs niveaux hiérarchiques. Rendement et rentabilité font leur place dans le vocabulaire du social et il est loin d’être aisé d’en tenir compte. Comment manager sans (s’)épuiser, faire grandir son équipe, rester fidèle à ses valeurs et tenir compte des réalités du travail ?

Depuis quelques années, je gère une petite structure et suis donc plus familiarisée qu’avant avec le rôle de manager … Bien moins simple qu’il n’y paraît ! Cette position « entre deux » est parfois délicate, tout comme le fait de concilier des impératifs à première vue inconciliables. De même, il est malaisé de tenir compte de certaines notions dans notre domaine, mais pourtant, elles deviennent incontournables.

Une position stratégique

Stratégiquement, le manager, chef d’équipe, responsable, etc. est une personne qui est dans une position particulière d’accès à l’information. Si l’on excepte les structures auto-gérées, dans les autres cas, un responsable se trouvera entre l’équipe et la direction, faisant finalement office « d’entre deux ». Son rôle sera souvent d’assurer la gestion quotidienne de l’équipe et de véhiculer les orientations choisies par la direction générale. Bénéficiant de plus ou moins de latitude dans l’exercice de sa fonction selon les structures, il est une interface active et multitâches qui peut permettre un réel dialogue entre les parties.

De l’art de déléguer

La gestion quotidienne peut être extrêmement chronophage, aussi, il importe de parvenir à fixer ses limites et à déléguer. Ça n’a l’air de rien, mais beaucoup de responsables qui s’épuisent sont des responsables qui s’essayent omniscients. Consciemment ou non, la dérive est réelle et fréquente. De plus, une fois certaines habitudes ancrées, il est difficile de les changer … Le manager n’est pas là pour résoudre absolument et impérativement les moindres problèmes rencontrés par l’équipe … Que du contraire. Aider son équipe à grandir et grandir avec elle c’est aussi ça : exploiter judicieusement les compétences de chacun et ouvrir des espaces de liberté.

Se former : la clé de voûte

Comme la plupart des managers du social, je ne suis pas, à la base, formée à la gestion de structures et à la gestion d’équipe. Or, il s’agit de métiers à part entière ! Souvent, dans nos secteurs, ce sont des travailleurs de terrain qui deviennent managers, ce qui est une excellente chose, car ils connaissent la réalité vécue par leur équipe. Le pendant négatif est qu’il leur faut apprendre rapidement un nouveau métier … D’où l’importance de se rendre vite et régulièrement en formations bien choisies. Gérer n’est pas anodin et, consciemment ou non, le nouveau responsable sera attendu au tournant. Autant aborder ce fameux tournant au mieux …

Vision globale et décisions locales

En devenant manager, on entre dans une vision plus globale de la structure : on a accès à des informations qui n’étaient que partielles auparavant et de ce fait, on se positionne autrement. En définitive, ce rôle se résume à cela : conserver une vision globale dans les décisions « locales » au niveau de son équipe. Certains membres de l’équipe comprendront plus facilement que d’autres cette globalité et il est important de savoir composer avec cela aussi. Bien connaître et comprendre les personnalités et besoins des membres de son équipe, ainsi que le cadre de travail de l’institution, ses tenants et aboutissants et ses propres missions est essentiel, pour autant loin d’être simple.

Veiller aux intérêts de tous les éléments de la structure

Ces dernières années, le secteur social se voit confronté à une certaine demande de « rentabilité », autrement dit une gestion plus rationnelle des fonds publics. Evidemment, l’action sociale, par définition, ne peut pas être rentable. On lui demande par contre, de plus en plus, de limiter les dépenses et de les rationaliser. Cela implique de travailler autrement et aussi d’être vigilant par rapport à ce qui est demandé, notamment en termes de charge de travail au niveau de l’équipe. La force du rôle de manager réside aussi dans le fait qu’il se trouve à un carrefour stratégique et dans une belle position pour veiller aux intérêts de la structure, et par là même, de tous les éléments qui la composent.



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