Que prévoit le Plan wallon de prévention de la Santé ?

Que prévoit le Plan wallon de prévention de la Santé ?

Cet automne, le gouvernement wallon va présenter le Plan de prévention et de promotion de la Santé en Wallonie, initié par la ministre Alda Greoli. L’objectif de ce plan est d’anticiper les effets de la santé dans toutes les politiques et de mieux soutenir les acteurs de la santé.

La sixième Réforme de l’Etat a donné à la Wallonie l’opportunité d’organiser la prévention et la promotion de la santé de façon plus efficiente sur le territoire wallon. Ainsi, le gouvernement wallon a annoncé qu’il présentera, cet automne, le Plan de prévention et de promotion de la Santé. Le cadre décrétal pour pouvoir accueillir ce Plan a été validé le 19 juillet dernier. Selon la ministre wallonne de la Santé, Alda Greoli, le but de cette réforme est de renforcer la surveillance des maladies infectieuses et d’apporter un soutien plus stable aux acteurs de la santé.

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Soutien annuel aux acteurs et non plus par projet

L’avant-projet de décret prévoit que la plupart des acteurs en promotion et prévention de la santé seront désormais reconnus par des agréments à durée indéterminée et financés annuellement (une moitié l’était au projet). Ils seront de cinq types :

1. Les centres locaux de promotion de la santé (CLPS)  : ils sont des acteurs clé dans l’organisation du réseau en prévention et promotion de la santé sur leur territoire. Ils favorisent les actions de prévention et de promotion de la santé en travaillant avec les acteurs locaux publics et privés.

2. Les centres d’expertise en promotion de la santé (CEPS)  : ils apportent un appui technique et méthodologique à l’AVIQ, aux CLPS, aux Centre d’opérationnalisation en médecine préventive et aux opérateurs. 

3. Les centres d’opérationnalisation en médecine préventive  : Le décret agrée les établissements ou personnes qui réalisent des actes de dépistages et autres activités de prévention.

4. Les services de surveillance médicale du travail  : Ces services sont chargés de la surveillance médicale et de santé au sein des services externes de Prévention et de Protection au travail.

5. Les opérateurs en promotion de la santé  : ils mettent en œuvre des projets en phase avec l’ensemble des objectifs transversaux du plan de prévention et promotion de la santé et selon l’un ou l’autre objectif thématique.

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Une évaluation d’impact en santé dans toutes les politiques

Selon la ministre wallonne de la santé, ce nouveau dispositif est aussi l’occasion de faire évoluer le secteur de la promotion de la santé dans toutes les politiques (Health in all Policies). En effet, la santé est déterminée par un ensemble de facteurs qui ne relèvent pas uniquement du domaine de la santé  : qualité de l’air, sécurité routière, alimentation saine, santé mentale au travail, matériaux de construction de l’habitat (amiante, Polluants atmosphériques, etc.). Pour évoluer dans ce sens, le dispositif prévoit une Instance d’évaluation qui pourra fournir des études d’impact en santé au gouvernement et aux pouvoirs locaux.

De nouveaux outils de prospective et de monitoring

Le dispositif décrétal de prévention et promotion de la santé est intégré au dispositif wallon et plus particulièrement dans celui de l’AViQ (Code wallon de l’Action sociale et de la Santé). L’avant-projet de décret pose les bases de l’information socio-sanitaire et de l’évaluation d’impact en santé en Wallonie et permet l’existence d’une Fédération wallonne de promotion de la santé. Les outils d’évaluation d’impact et d’utilisation des données socio-sanitaires sont reconnus comme nécessaires dans une politique de santé publique efficace.

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Santé et modes de vie intimement liés  : quelques chiffres

Mieux vaut prévenir que guérir. Cet adage est plus vrai aujourd’hui que jamais. La majorité des maladies qui affectent les wallons de nos jours trouvent leurs causes dans des facteurs qui sont modifiables par la prévention et la promotion de la santé, a expliqué la ministre. Elle a également indiqué que la santé de la population des pays industrialisés dépendrait à 40% de facteurs socio-économiques (l’éducation, le niveau de revenu, les conditions de travail, etc.) à 30% des comportements de santé (tabac, alimentation, activité physique, consommation d’alcool et activité sexuelle), à 20% du système de soins de santé et à 10% de l’environnement physique (qualité de l’air, de l’eau, de l’habitat, etc.)

Entre 2013 et 2015, 28% des décès wallons sont dus à une maladie de l’appareil circulatoire. Les cancers sont la deuxième cause avec un quart des décès. Les maladies respiratoires comptent pour 10% des décès. Les décès non liés à des maladies comme les accidents ou les suicides représentent quant à eux 7% des décès. Toutes ces causes de décès trouvent leurs origines principalement dans des facteurs modifiables, certainement si le décès intervient avant 65 ans.

La moitié des décès survenant avant 65 ans sont dûs à des causes dont la maitrise ne nécessite généralement ni connaissance médicale supplémentaire, ni équipement nouveau. Chez les femmes, 40% de décès survenant avant 65 ans sont attribuables à un cancer, principalement celui du poumon et du sein. Chez les hommes, le cancer représente 30% des décès avant 65 ans, principalement le cancer du poumon.  14% des décès prématurés chez les femmes et 18% chez les hommes sont dûs aux maladies de l’appareil circulatoire. Les suicides comptent quant à eux pour 7% des décès avant 65 ans chez les femmes et pour 10% chez les hommes.



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