Réforme ONE : vers une pénurie des accueillantes d'enfants ?

Réforme ONE: vers une pénurie des accueillantes d'enfants ?

Le réseau IFAPME a dû annuler plusieurs formations en accueillant(e) d’enfants face au manque d’inscriptions. Ce récent désengouement s’explique par les changements instaurés par la réforme de l’ONE. Le réseau IFAPME et l’ONE cherchent une solution pour éviter de se diriger vers une pénurie du personnel du secteur de la petite enfance.

Créé en 1995, le réseau IFAPME forme des professionnels du secteur de la petite enfance. Ces dix dernières années, ce sont plus de 900 directrices de maison d’accueil et de 1.300 accueillantes d’enfants qui y ont été formées. Diplômées d’une formation reconnue par l’ONE, les accueillantes d’enfants sont habilitées à accueillir des bambins âgés de 0 à 6 ans, à leur domicile ou dans un lieu adapté à cette fin. Leur rôle est crucial au sein des milieux d’accueil puisqu’elles participent au bien-être et au développement des enfants. Cependant, leur statut et leur formation se sont vu modifiés par la récente réforme de l’ONE…

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L’impact indirect de la réforme

Les conditions d’accès à la formation d’accueillant(e) d’enfants ont été modifiées en vue de l’application de la réforme à partir du 1er janvier 2020. Ainsi, il devient nécessaire pour accéder à la formation d’être détenteur du CESS. La formation, à l’origine d’un an, se trouve aussi prolongée d’un an supplémentaire. L’allongement de la durée de formation est justifié par l’ONE, dans son communiqué de presse du 6 novembre dernier : « La nécessité de disposer de professionnels qualifiés comme le souligne notamment le Code de qualité européen de l’accueil. »

Magaly Fraipont, directrice de maisons d’enfants chez « Pas après Pas », explique le manque d’inscription aux formations : « Avant, vous pouviez avoir accès à cette formation sans étude au préalable. Une personne qui n’avait pas son diplôme d’enseignement supérieur, mais qui était bonne dans l’accueil de la petite enfance, pouvait postuler. Maintenant, la personne doit refaire une année ou deux pour le CESS, plus les deux années de formation. Or cela est trop long pour certaines. »

Cependant, pour la directrice, le choix d’intégrer un stage obligatoire à cette formation ne peut être que bénéfique pour les structures et les étudiants : « Lors de ces deux années d’études, il est fort intéressant que l’IFAPME propose une convention de stage pour les étudiants. Cela leur permet de se rendre sur le terrain. De plus, nous travaillons au sein des milieux d’accueil avec des conventions de stage et comme ces dernières se font rares, nous nous retrouvons souvent en situation de manque de stagiaires. L’existence d’un stage de trois semaines dans la formation permettrait donc de résoudre ce problème. »

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1.700 postes créés !

L’ONE a déclaré que sont en cours de création environ 1.700 postes dans le secteur de la petite enfance. Le risque est que cette situation débouche sur une pénurie de professionnels. En effet, face aux incertitudes, l’IFAPME a annulé ces formations pour cette année. De plus, il n’y aura pas de diplômés en 2020 en raison de l’allongement de la durée de la formation à deux ans. Cette situation est d’autant plus incertaine que certaines solutions abordées par la réforme ne sont pas encore existantes et ne pourront pas être mises en œuvre dès le 1er janvier 2020.

Depuis juin dernier, un dialogue de concertation a été établi entre l’IFAPME et l’ONE afin de faciliter l’application de la nouvelle réglementation. De son côté, l’ONE organise des rencontres entre professionnels et employeurs pour favoriser l’embauche. Le 26 novembre prochain, au Centre de formation du Forem de Nivelles se tient un « Job Day d’accueillant(e)s d’enfants » Cet événement permet de postuler directement auprès d’une douzaine de structures de la province du Brabant Wallon.

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Mieux communiquer sur le métier

Ces initiatives témoignent de la nécessité de communiquer sur le métier et le statut des accueillantes d’enfant. Sur le site de l’IFAPME, Jean-François Rasseaux, conseiller pédagogique en charge des métiers, constate : « Tous les jours nous sommes confrontés à des personnes qui pensent ne plus pouvoir travailler dans le milieu de l’accueil de la Petite enfance, alors qu’elles le peuvent. Communiquer devient essentiel pour éviter que certaines se démotivent. »

En effet, le nouveau statut de salarié proposé aux accueillantes vise à leur faire bénéficier d’une couverture sociale adaptée. Alors qu’avant la réforme, leur revenu variait tous les mois selon le nombre d’enfants pris en charge, maintenant les accueillantes ont accès à un revenu fixe, des congés payés et une cotisation pour la pension.

Espérons que l’ONE et l’IFAPME trouvent des solutions rapides pour que des professionnels puissent occuper ces nombreux postes créés, et que les potentiels étudiants soient motivés pour s’inscrire aux futures formations.

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A.T.



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