Concertation : le réseau de l’usager sera essentiel

Concertation : le réseau de l'usager sera essentiel

L’offre de services psychomédicosociaux est vaste. Nombreux sont les acteurs de terrain travaillant dans des institutions traitant de problématiques bien spécifiques. Pourtant tous sont confrontés à des usagers présentant des difficultés multiples et variées. Parfois, seule une prise en charge globale permettra d’apporter des solutions, et ces services devront se rencontrer et travailler ensemble, avec l’usager, pour y parvenir. En ce sens, il est primordial d’accorder de l’importance au réseau que ce dernier s’est constitué.

Lorsque je rencontre un nouvel usager au sein du CPAS qui m’emploie, je me sers, à titre personnel, d’une fiche de premier contact. Tous les services en utilisent, mais j’ai intégré à la mienne la notion de réseau de l’usager. Il est à mon sens important de ne pas nier l’expérience que la personne à accumulée tout au long de son parcours de vie. J’ai aussi constaté, au fil du temps, que cela m’apportait beaucoup professionnellement.

Mise en valeur

Concrètement, si une personne me demande une aide spécifique, je vais d’abord voir avec elle quelles sont les personnes, les institutions constituant pour elle des ressources et avec qui elle estime que nous pouvons collaborer. Je dispose d’un réseau de partenaires sociaux, mais je préfère m’en servir en dernier recours. Il s’agit pour moi de montrer à la personne que je la considère, que je tiens compte de son expérience.

Cela permet de la remettre au centre de sa démarche. En tant que travailleur social, ce procédé demande dans un premier temps de sortir de sa propre zone de confort. Et pourtant, l’amélioration du confort de travail qui en découle est tangible.

Des résultats probants

Au quotidien, les effets sont encourageants. Cette démarche m’a déjà permis de rencontrer des acteurs de terrain avec lesquels je n’avais pas l’habitude de collaborer.

Dans un cas précis, nous nous sommes rendu compte que si nous ne nous étions pas concertés, mon service allait orienter l’usager dans toute une série de démarches qui étaient à l’exact opposé de ce que leur service avait mis en place ! Bien sûr c’est l’usager qui en aurait le plus pâti, mais la situation aurait généré en moi énormément de frustration. J’ai choisi ce métier dans l’optique d’accompagner des personnes tout au long d’une mauvaise passe qu’ils traversent, jusqu’à ce que leur situation se soit améliorée. L’immobilisme est dans ce cadre l’incarnation même de l’échec.

Monter en compétence

Travailler régulièrement de concert avec de nouveaux intervenants m’apporte aussi une richesse inestimable : le développement de mon carnet d’adresses. Je découvre des institutions, j’y rencontre des travailleurs sociaux qui deviennent pour moi des interlocuteurs de référence, je prends connaissance de dispositions légales propres à des registres que je maîtrisais peu jusqu’alors.

Je suis par ce biais de meilleur conseil que je ne l’étais auparavant. Aujourd’hui, quand je suis face à une personne totalement démunie, isolée et connaissant une profonde solitude – n’ayant de ce fait pas de réseau – j’ai davantage d’outils pour lui apporter mon soutien.

Aller à la rencontre du réseau qu’un usager s’est constitué, c’est mettre en marche un cercle vertueux. C’est l’application du concept « win-win » au travail social. Tout le monde y gagne.

M.A

[A lire] :

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