Sexologues, connaît-on vraiment leur travail ?

Sexologues, connaît-on vraiment leur travail?

En tant que psychologue, il n’est pas rare de devoir adresser des patients à des condisciples ou à des collègues thérapeutes. Afin de réaliser au mieux cette orientation, il est essentiel de cerner le travail thérapeutique réalisé par nos confrères. Le métier de sexologue apparaît parfois comme une boîte noire. Au travers d’une rencontre avec Anne Robert, sexologue clinicienne, nous tenterons d’apporter un éclairage sur sa pratique, son cadre de travail et les indications propres à sa profession.

Adresser des patients à un sexologue sans saisir le travail qui peut y être réalisé apparaît comme absurde. Néanmoins, force est de constater qu’il s’agit d’une discipline encore peu connue où les stéréotypes et représentations érronés fleurissent. Prenons donc le temps d’en cerner les contours et les limites.

Les indications

Par rapport aux autres thérapies, la voie d’entrée pour aller consulter un sexologue résulte principalement d’une difficulté ou d’une souffrance en lien avec la sexualité. A. Robert nous relate que « nombre de ses patients lui sont adressés par des médecins généralistes, des gynécologues et d’autres thérapeutes ». Elle reçoit également des jeunes envoyés par des institutions suite à des traumatismes en lien avec la sexualité. A. Robert nous livre « combien la vie en institution est rude, les jeunes sont toujours sous le regard d’autrui, venir consulter leur offre une bulle d’intimité où ils peuvent travailler leurs difficultés en lien avec leur sexualité ».

La pratique

Accompagner un patient en thérapie nécessite de s’adapter à son rythme et de l’aider à élaborer ses pensées. Le sexologue sera tenu à un travail similaire. Il s’agira de cerner la difficulté du patient et/ou du couple et d’y répondre le mieux possible. A. Robert explique que « ses patients viennent avec une difficulté sexuelle et qu’ils mettent celle-ci en avant. D’emblée, cette difficulté est prise en compte et constitue la porte d’entrée au travail réalisé ensemble. Le sexologue devra mettre les gens à l’aise, respecter leur vocabulaire, leur manière d’aborder le sexe ainsi que leur rythme propre pour aborder leur sexualité. Le professionnel devra faire preuve de créativité. Il pourra tant donner du sens au symptôme que proposer des exercices (une lecture, un film) ou donner certaines consignes. Il s’agit avant tout de remettre une dynamique corporelle en route. Dans la pratique avec les couples, une recherche conjointe est faite pour chercher le sens du symptôme au sein du couple. Cette démarche ouvre évidemment un champ de réflexions au sein du couple et amène très souvent le travail thérapeutique à sortir du registre de la sexualité ».

Les limites…

Parmi les sexologues, nous retrouvons des professionnels ayant des formations de base différentes. Certains sont assistants en psychologie, d’autres psychologues ou encore assistants sociaux. Ils ont en commun d’avoir suivi des formations spécifiques à la sexualité, qui peuvent notamment être dispensées au sein de l’ULB et de l’UCL. L’accompagnement offert par le sexologue, au-delà de ce qui concerne le symptôme du patient, sera très différent en fonction de cette formation de base du praticien.

La reconnaissance du titre ?

Actuellement le titre de sexologue n’est pas protégé. Néanmoins, il existe une fédération universitaire des sexologues, la SSUB, Société des Sexologues Universitaires de Belgique. A. Robert nous explique que « pour y adhérer, il faut répondre à certains critères : la formation suivie ainsi que les années de pratique professionnelle constituent les principales conditions pour pouvoir poser sa candidature ». Recourir à un sexologue affilié à cette fédération apparaît donc gageur d’une formation minimum reconnue par les pairs.

V.B. psychologue clinicienne



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