Les travailleurs psycho-médico-sociaux peinent à se (re)lancer sur le marché du travail

Les travailleurs psycho-médico-sociaux peinent à se (re)lancer sur le marché du travail

Un marché du travail compétitif, les salariés les plus âgés licenciés, les tâches rudes qui deviennent de plus en plus lourdes, les compétences qui déclinent... Il est plutôt difficile de trouver du travail dans le secteur psycho-médico-social passé un demi-siècle.

Les offres d’emploi recommandent l’expérience mais également la disponibilité et la flexibilité. Leur intérêt se pose surtout sur les capacités cognitives des meilleurs, sans autre information demandée. Et pour ne pas nous faciliter la tâche, l’âge de la retraite sera une nouvelle fois repoussé dès 2030. Pourtant la vieillesse est bien une étape de la vie que tout le monde, sans exception, devra franchir un jour. Nos compétences cognitives et physiques diminuent avec l’âge.

La mémoire nous fait défaut : n’avons-nous rien oublié ? Des difficultés d’accomplir plusieurs tâches en même temps et se mouvoir rapidement apparaissent : une pensée pour certaines maisons de retraite et hôpitaux où le travail à la chaîne persiste. Dans ces lieux, autre souci : nous perdons notre force et nos réflexes. Pour les aides à domicile, les prestations ne peuvent plus être suivies correctement. Les certificats médicaux s’enchaînent jusqu’à aboutir au licenciement pour absences répétées ou état de santé ne permettant plus d’accomplir son métier d’aidant, de soignant ou de travailleur social. C’est frustrant, mais pas la fin.

Les employeurs ont la fâcheuse manie de se séparer des salariés soignants et sociaux les plus âgés dès le moindre problème pour signer des contrats avec de jeunes diplômés. Et pour cause, les anciens ont leurs habitudes de travail et les jeunes peuvent suivre un nouveau train professionnel qui se veut rapide. Pour les indépendants, c’est la confiance qui s’épuise. Les jeunes suivent plus facilement la modernité. Ce qui n’est pas faux. Le jeune professionnel soignant/social est motivé par une réussite de sa carrière et la compétition. Mais l’ancien professionnel soignant/social a également de nombreux bagages que le jeune ne possède pas encore. Il a manié la pratique et l’expérience.

Imaginez-vous, travailleurs du psycho-médico-social, devant une machine que vous utilisez pour la première fois. Vous lisez le mode d’emploi et suivez les indications à la lettre sans connaître les petits tracas que cette machine pourrait avoir. Pour quelqu’un qui s’en sert depuis des années, elle fonctionne et se répare en trois secondes. Idem pour les cas traités et les gens rencontrés : il est plus aisé d’agir et de réagir. Certes, un jeune sans expérience ne peut devenir un ancien rempli de savoir. On peut dire alors qu’ils valent mieux tous les deux plutôt que l’un des deux. Un travail d’équipe mêlé à un transfert de connaissances. Mais la discrimination veille dans une société actuelle où la culture veut que l’ancien ne s’intègre pas dans un groupe de jeunes. Préjugés.

Trouver du travail après 50 ans semble compromis. Mais nous, travailleurs du psycho-médico-social, nous ne sommes pas des incapables. Il suffit juste de mener son travail d’une autre manière et d’accepter qu’il doit être mené de la sorte. D’abord, tout comme a cité la tortue au lièvre : « rien ne sert de courir ». Ensuite, une seule chose à la fois. Si le principal du travail ne peut plus être effectué, il est judicieux de poursuivre sur des tâches secondaires. Et puis, il n’est jamais trop tard pour changer de carrière, se tourner vers un autre domaine ou se former sur une seule spécialisation. Il faut surtout démontrer la motivation et ne pas hésiter sur les démonstrations. Enfin, la confiance et la positivité doivent surpasser toute pensée. Perdre une bataille, ce n’est pas perdre la guerre. À méditer.

L’éduc Touche-à-Tout

[ A lire] :
- Bataille : éducateurs et ergothérapeutes en maison de repos et de soins



Commentaires - 1 message
  • Est-ce que le secteur non-marchand ne s'est pas laissé envahir par la culture dominante de la concurrence, de la compétition, qui proviennent du secteur marchand ? Si les services se font concurrence entre eux, est-ce que ça va vraiment servir à une meilleure société ?

    Le non-marchand doit défendre ses valeurs, la coopération, sous peine de se dévorer lui-même. Si le secteur n'arrive pas à gérer ses travailleurs plus âgés, comment peut-il proposer une solution pérenne à ses "clients" ?

    Dans le domaine humain, l'expérience est une valeur essentielle. On ne doit pas se laisser convaincre par une vision à court terme, ou par des arguments connexes comme les capacités à utiliser l'outil informatique. Le client, c'est l'humain, pas la machine.

    Laurentduv vendredi 17 mars 2017 08:38

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