Médication importante en maison de repos : réaction

Médication importante en maison de repos : réaction

Nos aînés en maison de repos avaleraient trop de médicaments.

Ce vendredi matin, allumant la radio, j’écoute les sujets divers sur une chaîne de radio. On évoque la médication importante en maison de repos et je tends l’oreille. Le journaliste encadre les mêmes commentaires qui, à la longue, me font plus rager que sourire. La faute au médecin à l’ego surdimensionné, la faute à l’infirmière paresseuse, la faute au pharmacien qui veut du fric, la faute à l’aide-soignante qui n’est pas respectueuse, etc. Et là, je dis : « Vous jugez trop vite ». Je travaille dans une maison de repos et suis aux premières loges...

J’ai lu ceci sur la page Facebook de Vivacité : « Lorsqu’une dame âgée se plaint, elle reçoit des médocs... Si elle est un peu nerveuse, encore des médocs... Plus facile de donner des médocs que d’essayer de comprendre la personne et de lui parler... ». Et je réponds : il y a toujours un dialogue AVANT. Seulement, le dialogue n’est pas un remède magique ni un miracle. Et dans la plupart des cas, il ne fonctionne pas. La personne âgée est soit butée, soit n’a pas la raison de comprendre ce qu’on lui explique. Vous pouvez lui parler pendant des heures, la situation ne changera pas et finira même par empirer car elle sera agacée. À ce stade, la personne âgée devient agressive pour obtenir ce qu’elle veut jusqu’à utiliser la violence. Que ce soit sur le personnel soignant et social qui l’encadre ou sur elle-même afin d’engendrer de la culpabilité sur les encadrants, justement. Et je peux vous dire qu’un coup de canne dans le dos ou un plateau reçu en plein visage, ce n’est pas amusant. Un enfant est punissable. Ce n’est pas le cas d’une personne âgée. Pour sa sécurité et celle du personnel, le calmant (et non somnifère !) est alors envisagé car autorisé.

Il ne faut pas oublier le métier du médecin : diagnostiquer les pathologies et les traiter. Si l’on pense que ce métier est très aisé, c’est très compliqué de trouver une bonne combinaison de médication quand la personne âgée se doit de suivre plusieurs traitements et que chaque médicament a un effet secondaire. Un seul médicament ne peut pas résoudre dix problèmes à la fois ! Et il arrive que malgré une inspection minutieuse, un effet secondaire passe à la trappe. Imaginez faire la cuisine à une personne qui possède un tas d’allergies alimentaires, c’est le même principe. « Il faut supprimer les médicaments dans les maisons de repos ! » ai-je entendu. L’homéopathie est une alternative qui se met en place. Sauf que les effets sont plus lents et ne se voient que sur du long terme. Conséquence ? La personne âgée se croit dupée et rappelle son médecin jusqu’à constater par elle-même que tout va bien. Dialogue ? Relisez le premier paragraphe. Et quand la famille s’en mêle, c’est encore pire : les premières cibles sont directement les membres du personnel. Hypocondriaque ? Pour la majorité des personnes âgées, la vieillesse est inévitablement le synonyme du corps qui tombe constamment en ruines.

Ensuite, la question des somnifères (et pas des calmants) ... Le rythme de sommeil d’une personne âgée n’est plus l’équivalent de sa jeunesse. Certaines pathologies et démences nuisent au sommeil, sans oublier un possible effet secondaire de la médication. Que se passe-t-il quand une personne passe une nuit blanche ? Elle dort la journée. Il suffit d’une petite semaine pour que le rythme jour/nuit soit ainsi perturbé. La personne âgée somnole durant la journée, ne mange plus aux repas et déambule dans le couloir toute la nuit. Conséquence ? Pour elle-même, l’amaigrissement et une hausse de l’agressivité car la personne âgée se sent perdue. Pour son entourage, la nuisance nocturne et l’intervention constante de l’équipe soignante pour rendre le calme. L’infirmière, sous l’autorisation du médecin traitant, fournit le somnifère pour rendre à la personne âgée un bon rythme de vie et une amélioration de son état de santé.

Je ne donne pas raison à la médication importante, je l’explique.

La vieillesse apporte son lot de maux qui agissent sur le corps et l’esprit. Ne pas fournir de médication reviendrait à de la maltraitance. N’oublions pas que la loi stipule d’intervenir auprès d’une personne en danger. Et le métier du médecin est de diagnostiquer des pathologies et les traiter. Certaines personnes âgées refusent la médication de leur plein gré et acceptent les risques. Si la raison n’est plus et que la famille s’oppose à ce refus, le médecin se doit de continuer son métier.

L’éduc Touche-à-tout.

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Commentaires - 1 message
  • L'étude réalisée sur sept ans et sur plus de 40000 individus âgés de 65 ans ou plus 'dont la moitié en maison de repos- a découvert que 5.2% des personnes en maison de repos mourraient après un mois de traitement par une nouvelle classe de médicaments antipsychotiques atypiques.

    Par comparaison, 3.3% des personnes en maison de repos qui ne prenaient pas de traitement sont mortes après un mois d'admission.

    Les médicaments antipsychotiques atypiques, que l'étude affirme être disponibles depuis une décennie, comprennent le risperidone, vendu par Johnson & Johnson sous le nom de Risperdal; l'olanzapine, vendu sous le nom de Zyprexa; et la quetiapine, vendu sous le nom de Seroquel.

    Une classe plus ancienne de médicaments antipsychotiques ''conventionnels'' qui comprend l'haloperidol, vendu sous le nom d'Haldol, pouvait poser des risques plus élevés de développer des problèmes graves de santé ou la mort, d'après l'étude.

    Natashabackatschool mardi 19 juin 2018 23:52

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