Professionnalisme et réseaux sociaux

Professionnalisme et réseaux sociaux

La valeur du professionnel se perd à travers les réseaux sociaux.

Lorsque nous agissons avec professionnalisme, les autres nous voient comme une personne respectueuse et compétente sur qui la confiance peut reposer. Cela est identique pour une ASBL ou une entreprise : l’image qu’elle offre se reflète sur les travailleurs. Quand les réseaux sociaux s’en mêlent, la relation avec le travail est perturbée. Le professionnel devient – trop – familier, croyant bien faire.

« Je suis ce que tu es »...

Les réseaux sociaux sont la porte ouverte à l’expression et au défoulement. Ils demandent une action et une réaction, souvent en chaîne sans qu’un contrôle soit possible. Et lorsque le professionnalisme côtoie la vie personnelle, il devient dangereux pour le travailleur psycho-médico-social de parler de tout et de rien sans avoir un retour néfaste. Les décisions politiques twittées, les avis médicaux par message ou e-mail, les commentaires positifs ou négatifs partagés sur Facebook... Des enchaînements de caractères qui transforment l’image du professionnel. Peu à peu, il perd de sa crédibilité. Le respect accordé se voit effacé. Il devient un « membre » des réseaux sociaux, une personne derrière un écran sans plus aucune identité.

Être professionnel, c’est quoi ?

Faire preuve de professionnalisme, c’est engager des responsabilités et les mener à bien. Chaque individu possède une certaine éthique de son travail, bien souvent en lien avec son éducation ou ses valeurs. Le professionnel démontre et prouve qu’il est capable d’assurer un engagement envers la société, de répondre à ses attentes. Tous les sujets de conversation se centrent sur un seul axe : être honnête et sérieux. Dans le domaine du médical et du social, la relation avec l’individu doit donc rester strictement professionnelle. Des limites doivent être placées, des règles de vie doivent être instaurées et les travailleurs doivent être pleinement conscients de leur statut de professionnel.

Les résultats avant tout !

Sauf que le problème est le suivant : les entreprises confondent souvent « le résultat obtenu » avec « obtenir un résultat ». La réputation ne se base plus sur les réussites ou les défaites acquises avec le temps mais sur des promesses d’un futur déjà structuré et imagé sans être certain que cela arrivera vraiment. Il faut donc parler de tout et de rien, "se vendre" à n’importe quel prix. L’époque du porte-à-porte est révolue : les réseaux sociaux entrent dans la danse. Sauf qu’une fois que le professionnel a les pieds dedans, cela dévie toujours sur des affaires personnelles qui n’ont plus rien à voir avec l’objectif du travail. Il se familiarise avec le public ou les collègues, voire son patron. Il devient, sans qu’il le sache, une cible. Une fois la machine lancée, il est pratiquement trop tard.

Chaque contexte à sa place

Si le travailleur du psycho-médico-social doit ou veut passer par la case « réseaux sociaux », pour sa propre réputation ou celle de l’entreprise qu’il représente, une démarche est avisée. D’abord, il est conseillé de se créer un profil dit personnel et un autre professionnel. De cette manière, le travailleur s’organise et protège sa vie privée. Ensuite, les bonnes manières et les règles de vie doivent être maintenues, même sur les réseaux sociaux. Un rendez-vous ou une consultation reste du domaine privé et de vive voix : pas de message, pas d’e-mail. Sans oublier la politesse où le respect reste maître, dans un sens comme dans l’autre. Les familiarités ne sont pas admises dans le professionnalisme. Et attention aux fuites, surtout concernant le secret professionnel.

L’éduc Touche-à-tout

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