Les travailleurs sociaux, des enseignants comme les autres

Les travailleurs sociaux, des enseignants comme les autres

Les apprentissages ne sont pas l’exclusivité des écoles. L’ensemble des ASBL, institutions et services sont des vecteurs de transmission et d’apprentissage. Il faut donc les identifier et définir les dispositifs mis en place.

Les apprentissages scolaires sont souvent les seuls considérés par les écoles pédagogiques. Dans le système classique, cela se limite souvent aux connaissances et aux compétences, auxquelles s’ajoutent une série d’injonctions subjectives appelées « savoir-être » ou « savoir-vivre ». Mais lorsque l’on parle d’attitudes et d’aptitudes (car c’est de ça qu’il s’agit), on néglige souvent la portée des dispositifs non-scolaires et des apprentissages transversaux. Nombre d’éducateurs, d’animateurs et d’intervenants sociaux sont en permanence dans la transmission. Mais pour être réellement utile, il faut identifier ce que l’ont transmet et par quelle méthode.

De quoi parle-t-on ?

Avant toute chose il faut clarifier ceci : Les travailleurs sociaux sont supposés être des acteurs d’émancipation et d’autonomisation. De ce fait, ils doivent transmettre des connaissances, des compétences, des attitudes et des aptitudes aux personnes qu’ils rencontrent. C’est valable dans l’ISP, l’aide à la jeunesse, le socioculturel, le travail de rue… bref dans tout les sous-secteurs. Utiliser les bons codes de communication, savoir passer un coup de fil, connaître les documents à fournir, oser s’exprimer, etc. voici un échantillon de ce qui peut faire défaut chez les personnes que nous rencontrons. Il serait bénéfique pour elles de développer ces aspects et c’est ce rôle que nous devrions jouer.

Tous capables, tous responsables

Nous sommes tous capables d’apprendre et de réussir, cela vaut pour l’apprenant mais aussi pour celui qui transmet. Les intervenants doivent sortir de la posture de « celui qui sait » et donc de sauveur pour aller vers celle de celui qui accompagne et qui aide la personne à répondre à ses propres besoins. La satisfaction d’avoir aidé quelqu’un et sa reconnaissance est un des bénéfices secondaires très appréciés des travailleurs sociaux (consciemment ou pas). Néanmoins, c’est un piège qui pourrait mener les personnes vers des positions d’assistées. Il est de notre responsabilité de s’assurer que la personne évolue vers une autonomisation, face aux problématiques rencontrées.

Dispositifs pédagogiques

Il existe de nombreux dispositifs qui permettent la transmission. Elle peut se faire entre pairs, par le biais d’une tierce personne, en autonomie, par l’expérience, etc. Chacun à ses propres sensibilités et ses affinités, mais il est important de trouver une école de pensée qui nous conviennent. L’enjeu est double. D’abord, avoir une grille de lecture et une méthodologie évaluable (nous évitant ainsi de devoir miser sur le hasard et la chance). Ensuite, faire partie d ‘un mouvement et se référer à une technique, c’est être transparent et accepter de se confronter aux autres. Cela nous évite de nous isoler et de fuir toute remise en question. La formation continue semble la meilleure des options dans le domaine.

Analyses et perspectives

Une des choses les plus importantes, c’est l’analyse des besoins et la mise en place du bon dispositif. Selon les objectifs des personnes, les missions de l’institution, les moyens et l’ensemble des facteurs, il faut identifier ce que l’on désire voir émerger. Cela ne signifie pas que l’on se coupe du reste, mais qu’on dégage des critères de réussites et des objectifs communs. C’est indispensable pour pouvoir mettre en place une méthodologie adaptée et, après évaluation, pouvoir dégager de nouvelles perspectives. Ce regard sur notre pratique nous amène aussi à comprendre ce qui se joue de manière indirecte. Toute situation peut être une situation d’apprentissage et d’évolution si l’on identifie les processus.

Perceval Carteron, éducateur.

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