« API et SAMIO : même combat ? »

''API et SAMIO : même combat ?''

Pour venir en aide aux jeunes délinquants, deux services ambulatoires sont apparus ces 15 dernières années : les « SAMIO » et les « API » partagent ainsi un terrain commun mais aux enjeux différents, lesquels sont parfois confondus…

Depuis bientôt 6 ans, les Services d’Accompagnement, de Mobilisations Intensifs et d’Observation sont venus étoffer le paysage de l’aide aux mineurs délinquants, rejoignant ainsi les équipes d’Accompagnement Post-Institutionnel nées en 2002. Depuis janvier 2016, les deux services sont soumis à une même direction, celle des IPPJ, ce qui soulève le risque de confondre, à terme, leurs missions.

Une logique similaire

Qu’il s’agisse des API ou des SAMIO, le travail socio-éducatif proposé au jeune est une alternative à l’éloignement familial qu’impose le placement en IPPJ. Par le biais d’un suivi dans son milieu de vie, les éducateurs et assistants sociaux s’attèlent à organiser des entretiens individuels et familiaux, des activités variées et un suivi scolaire rigoureux pour construire avec l’adolescent d’autres possibles que la voie délinquante. Dans un service comme dans l’autre, l’accompagnement ambulatoire est un outil de réinsertion en soi.

Des contextes différents

C’est surtout dans les enjeux qui les préoccupent que se situe une différence essentielle : la SAMIO propose une alternative à l’IPPJ, et tente d’éviter au jeune de tomber dans un engrenage plus délictueux, tandis que l’API organise l’accompagnement de jeunes qui sortent déjà d’un placement en IPPJ. D’une part, il s’agit « d’éviter que cela n’arrive », et de l’autre « d’éviter que cela ne recommence ».

La question temporelle

Aussi simple que cela puisse paraître, le contexte de la prise en charge indique où le jeune se situe dans sa dynamique délictueuse, et c’est de cette temporalité que les travailleurs sociaux tiennent compte. Dans le cadre de la SAMIO, on se situe davantage aux prémisses d’une difficulté qui pourrait s’installer, tandis que dans le cadre de l’API, c’est justement parce que la difficulté s’est entérinée qu’elle a d’abord nécessité une mesure de placement. Le travail en réseau, les entretiens familiaux ou encore le choix des activités s’en trouvent ainsi directement influencés.

La symbolique de l’appartenance

Initialement reliée aux Services de Protection Judiciaire, les SAMIO sont, depuis janvier 2017, rattachée aux Institutions Publiques de Protection de la Jeunesse. Ce changement pourrait non seulement faire perdurer l’amalgame récurrent entre les deux services, mais aussi modifier la symbolique du dispositif : là où la SAMIO intervenait à titre préventif et alternatif, l’API prend court au terme d’un placement de moyenne durée dans une IPPJ. Le mineur ayant commis un premier fait qualifié infraction se verrait dès lors d’emblée placé dans le processus « punitif », alors que l’idée majeure de la SAMIO est d’éviter au jeune qu’il ne s’insère dans ce type de travers.

Pour une fusion des équipes ?

Avec les modifications dans l’organigramme viennent les premières rumeurs de fusion entre les équipes SAMIO et API : au sein des divers services, les intervenants se questionnent sur une telle possibilité et, pour la plupart, s’en inquiètent. Notons toutefois qu’il n’y a, officiellement, aucun projet dans ce sens actuellement. Si toutefois il venait à émerger, il y aurait dès lors lieu de prendre en considération la notion d’identité, chère aux yeux des deux types de structure et à l’origine de fonctionnement aussi spécifiques que différents.



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