Intégration des immigrés : les forces et les faiblesses de la Belgique

Intégration des immigrés: les forces et les faiblesses de la Belgique

Une enquête européenne menée par le Migrant Integration Policy Index (MIPEX) place la Belgique 7e sur 38 pays en termes d’intégration des ressortissants étrangers.

L’enquête du MIPEX a établi son analyse en se basant sur les divers critères de la politique d’insertion des migrants pour chacun des 38 pays étudiés. Derrière le bon score de la Belgique, l’accès des migrants au marché de l’emploi et aux soins de santé reste un problème de premier ordre.

Le même score qu’en 2011

Si la 7e place est honorable, on ne peut pas réellement parler d’une amélioration de la politique belge en la matière. En effet, les chiffres dévoilés par l’étude sont plutôt stables par rapport à ceux de 2011. Il faut toutefois garder à l’esprit que l’étude ne prend en compte que les statuts des migrants légaux. La part des demandeurs d’asile, pourtant importante, est donc occultée.

La Belgique championne de la résidence permanente...

Notre pays décroche la 1e place en ce qui concerne le droit de résidence permanente. En effet, une fois le permis de séjour accordé, les ressortissants étrangers doivent attendre 5 ans pour devenir résident permanent. A partir de là, l’intégration est optimale en termes de droits sociaux. Par l’action du dernier gouvernement, les conditions d’accès à la nationalité et au regroupement familial sont néanmoins beaucoup plus sévères qu’en 2011. Et pourtant, la Belgique reste 6e sur 38 pays en la matière. Si elle ne se classe que 7e pour l’éducation, la Belgique perd encore du terrain au niveau de la lutte contre la discrimination, en se hissant à la 9e place.

...Mais à la traîne pour l’emploi et la santé

Décidément, la Belgique doit encore revoir sa copie en ce qui concerne l’accès au marché du travail. En 2014, la Belgique enregistrait le taux le plus bas d’Europe avec près d’1 immigrant sur 2 restant sans emploi. De fait, notre pays obtient sa moins bonne note sur ce secteur, en prenant péniblement la 16e place du classement. En cause, une politique qui stagne et des attentes interminables pour obtenir ses équivalences, sans parler du manque de formations dédiées à ce secteur d’emploi pourtant prometteur. Pour espérer prétendre à mieux, il faudra attendre les résultats de la politique menée par le Secrétaire d’Etat, Théo Francken (N-VA), dont l’objectif est justement de favoriser l’intégration économique des migrants par l’accès à l’emploi et la formation.

La santé est aussi une source d’inquiétude, la Belgique ne se classant que 14e selon l’étude du MIPEX. Selon des informations rapportées par Le Soir, la difficulté émanerait du manque de médiateurs interculturels : "si le patient ne peut dialoguer avec son médecin dans sa langue d’origine, la possibilité pour lui d’être bien soigné se voit logiquement affectée." Il est donc temps de prendre en compte les besoins propres aux populations non-natives, qui sont un facteur important pour un accès égalitaire aux soins.

Quid des migrants expulsés ?

Reste la grande part d’ombre laissée sur le sort des immigrants expulsés du pays. Et la politique belge en la matière est mise à mal par la pratique de retenir les expulsés dans les centres fermés avant leur départ. Une privation de liberté que beaucoup d’associations, dont CIRÉ (Coordinations et Initiatives pour Réfugiés et Etrangers), dénoncent comme contraires aux droits fondamentaux et à la dignité humaine. En plus de véhiculer une image négative et hostile des personnes immigrées, ces détentions peuvent causer des réels troubles psychologiques à ces personnes déjà fragilisées . Et pourtant, la politique actuelle se borne à vouloir augmenter les places en centres fermés...



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