La Finlande, modèle de réinsertion des détenus

La Finlande, modèle de réinsertion des détenus

Pas de portes de sécurité, pas de tenue réglementaire, des chambres à la place des cellules... Dans les prisons "ouvertes" de Finlande, on adapte les restrictions budgétaires sur des objectifs de réinsertion des détenus.

Autrefois mauvaise élève de la réinsertion de ses détenus en Europe, la Finlande a opéré un véritable retournement de la situation. Alors que notre pays lutte contre la constante surpopulation des prisons et les risques de récidive, le modèle finlandais a fait ses preuves non seulement en termes de réhabilitation sociale, mais aussi de confort et de bien-être de ses détenus en centres fermés. D’ailleurs, on parle là-bas de prisons "ouvertes"... Explications.

Prisons ouvertes : un sas vers la vie civile

En Finlande, 1/3 de la population carcérale est placée en prison dite "ouverte", soit environs 1 000 détenus. Là bas, ces centres fermés où il fait particulièrement bon vivre ont été mis en place pour favoriser la réinsertion des condamnés en justice à une peine d’enfermement. Dans le cadre de la législation finlandaise, où la liberté conditionnelle et la prison alternative sont très largement préférées à l’entassement des prisonniers en centres bondés, les prisons ouvertes sont comme un sas vers la vie civile.

En effet, la réhabilitation sociale des détenus est l’objectif majeur de la politique carcérale en Finlande. Pour cela, les prisons "ouvertes" proposent des programmes d’aide accessibles à tous, comme la prévention à l’alcoolisme et à la toxicomanie. Sans doute le plus important, la plupart d’entre eux peuvent aussi exercer un petit job au sein du centre, à raison de 7 euros de l’heure. "Cela n’a aucun sens pour un détenu de rester dans une prison fermée pour plusieurs années, puis de retourner subitement à la vie civile", confiait le directeur de la prison d’Helsinki aux journalistes de Le Vif/ L’Express.

Réhabiliter par la vie communautaire

Si l’on regrette le manque d’organisation entre les différentes structures d’aide aux détenus, la Belgique s’organise néanmoins pour pallier les manquements budgétaires dans les prisons. En Finlande, la formule des prisons ouvertes est un astucieux mélange entre économies et amélioration des chances. En effet, la récidive des anciens détenus passe surtout par la stigmatisation et la perte de confiance en soi et ses chances sociales. Les prisons ouvertes répondent justement à ce besoin de se sentir encouragés socialement : pas de barreaux, pas de cellule sécurisée ni d’uniforme rayé. A la place, des chambres individuelles, ainsi que des potagers, des saunas, des salons avec des écrans plats pour organiser et faciliter les relations avec autrui. Et quand incarcération rime avec communautarisme, les économies suivent. Les besoins en installations de sécurité étant moindres, le coût par prisonnier diminue d’un tiers en prison "ouverte".

Des effets significatifs sur la récidive

Si l’on peut craindre à première vue la débandade dans les prisons ouvertes, on est en réalité loin du compte. Forts de leurs conditions de détention favorables, les anciens détenus finlandais sont très peu nombreux à récidiver. En effet, depuis l’installation des prisons ouvertes, les taux de récidive auraient chuté de 20%. De plus, grâce à la réduction de temps de peine en prison classique, la Finlande ne connaît plus de problèmes de surpopulation carcérale. Le bien-vivre en prison, une solution possible à la belge ?



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