Maisons médicales : qualité et objectifs financiers

Maisons médicales : qualité et objectifs financiers

Fortes de leur succès, les maisons médicales sont aujourd’hui confrontées à des défis variés. Au cœur du débat : le paiement forfaitaire.

Constituées d’équipes pluridisciplinaires, les maisons médicales visent à assurer une offre de soins de santé élargie, au point de vue financier, social, culturel et géographique. Pourtant, des manquements mettent à mal leur bon fonctionnement. Parmi ceux-ci, un mode de payement forfaitaire peu normé. Les maisons médicales font face à un dilemme : devoir être le plus accessible envers les publics fragilisés tout en veillant à proposer des services de qualité. Comment peuvent-elles concilier ces deux exigences ?

Qu’est-ce que le paiement forfaitaire ?

A l’heure actuelle, les maisons médicales ont le choix entre deux modes de paiement : le paiement à l’acte et le paiement forfaitaire à l’abonnement. En quoi consiste-il ? Un organisme assureur paye tous les mois et par patient abonné une somme forfaitaire à la maison médicale. Dans le cas ou le patient n’a pas recours au service de soins, cette somme demeure tout de même payée. Un système avantageux pour beaucoup mais qui pose problème lorsque la somme ne recouvre pas de façon optimale les frais médicaux.

Objectifs de qualité > objectifs financiers

Pour les mutuelles, le calcul du forfait doit être revu afin de correspondre aux besoins réels des patients. La Fédération des maisons médicales appuie cet avis en confirmant que "le système actuel est relativement avantageux et pas assez normé". Conditionner l’accès au système forfaitaire pourrait constituer ici une solution. Malgré tout, le Dr Pierre Drielsma, permanent politique à la Fédération des maisons médicales, préfère rester prudent concernant le réajustement du système afin de ne pas prendre de décisions à la légère. Il propose de procéder de façon préalable à un suivi des performances des pratiques, qu’elles soient forfaitaires ou non. Le but étant de privilégier les objectifs de qualité sur les objectifs financiers.

Intégration de nouvelles prestations

Autre thème important : le projet d’intégrer davantage de soins en maison médicale. Face à la demande de soins toujours plus croissante du public, une réflexion est en ce moment même à l’étude au sein de la Fédération des maisons médicales. L’adoption de cette mesure permettrait de rencontrer un peu plus l’essence du mode de fonctionnement des maisons médicales, qui se fondent sur la collaboration d’équipes multidisciplinaires (médecins généralistes, kinésithérapeutes, infirmi(ères), travailleurs sociaux, professionnels de la santé mentale,…). La Fédération verrait donc bien des assistants sociaux, dentistes, logopèdes, pédiatres et psychologues cliniciens rejoindre la grande famille des maisons médicales.

Implémentation géographique non équilibrée

La répartition des maisons médicales sur le territoire est un autre problème entravant leur bon fonctionnement. À Bruxelles, il existe plus de 50 maisons médicales. Ailleurs, l’offre varie d’une zone à l’autre. Une piste pour combler ce manque : la mise en place des règles pour une répartition géographique optimale répondant aux besoins de la population. Mais la Fédération des maisons médicales est plus nuancée. D’après Pierre Drielsma, la précarité à Bruxelles fait que la concentration des maisons médicales est nécessaire : " idéalement, il faudrait même augmenter cette capacité afin de correspondre mieux aux besoins de la population bruxelloise. L’idée n’étant pas de créer des dispensaires pour nécessiteux mais des structures à population mixte. ".

Lire aussi : Le bilan des maisons médicales



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