Une première étude nationale sur la récidive en Belgique

Une première étude nationale sur la récidive en Belgique

L’INCC a publié une première étude sur la récidive faite sous base des données du Casier judiciaire central entre 1995 et 2013.


- Rachid Madrane : « Nous devons aider les détenus à retourner en société »
- A Bruxelles et en Wallonie, l’aide aux détenus est insuffisante

La Belgique dispose enfin d’un premier rapport sur la récidive. C’était l’un des seuls pays européens avec le Luxembourg à n’avoir pas de tels chiffres nationaux. Les auteurs de l’étude, Luc Robert et Benjamin Mine, chercheurs à l’Institut National de criminalistique et de criminologie (INCC), ont récolté les statistiques dans le Casier judiciaire central entre 1995 et 2013.

Quelques chiffres de la récidive

Ils ont observé le parcours judiciaire de 136.530 personnes condamnées en 1995. En 2012, dans le Journal de la Police, Luc Robert mentionnait déjà l’importance de l’étude sur la récidive : « elle peut permettre de contrôler si un changement de politique a les effets escomptés, ou si une approche déterminée peut mener à des bénéfices en termes d’efficience et d’effectivité... » Les résultats portent essentiellement « sur la prévalence, la vitesse et la fréquence de la récidive des personnes ayant fait l’objet d’un bulletin de condamnation en 1995. »

Il ressort, sur l’ensemble des cas observés, que 57,6% ont eu au moins un nouveau bulletin de condamnation. 61,6% sont des hommes contre 37,6% de femmes. 80% concernent des infractions de roulage. 12,2% de l’ensemble des personnes condamnées sont décédées avant 2013, la moitié d’entre eux à moins de 56 ans. Entre la première et la seconde condamnation, on enregistre 742 jours. 33,4% des condamnées a reçu un nouveau bulletin de condamnation un an après la première. Après dix années, 88,7% des récidivistes ont un nouveau bulletin de condamnation.

Un outil pour des mesures politiques

Cette première étude comble ainsi un manque important dans notre pays. Elle apporte des statistiques sur les récidivistes, sur les motifs de la condamnation, sur la fréquence de la récidive, ainsi que des détails généraux sur les cas observés, comme l’âge, le sexe.

Néanmoins, d’autres détails sur les personnes seraient utiles aux politiques pour axer telle ou telle mesure selon les cas observés, car le but premier est avant tout d’éviter la récidive et de mettre en place l’encadrement adéquat.

Dans notre précédente interview du ministre Rachid Madrane, il fait part de l’utilité d’approfondir cette démarche qui manquait en Belgique : « On attendait depuis longtemps un tel outil. Il faut qu’on aille encore plus loin et qu’on récolte d’autres détails. Par exemple, j’aimerais savoir parmi les récidivistes combien sont analphabètes, combien vivent dans des familles éclatées pour comprendre pourquoi telle ou telle personne récidive. »



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