Psychothérapie : " je n'appelle pas pour moi ! "

Psychothérapie :

Un mari nous appelle et demande une consultation pour sa femme. Une mère aux abois nous supplie de rencontrer son enfant. Le cas n’est pas rare. La demande qui nous est adressée est alors particulière puisqu’elle comporte des éléments qui concernent, a priori, au moins deux personnes. Une analyse doit donc être menée, en vue de proposer la prise en charge la plus adaptée à la situation.

Il arrive parfois que la démarche visant le commencement de la psychothérapie soit effectuée par un tiers. Cette demande explicite de prise en charge pour autrui doit être maniée avec précaution, ainsi que les éléments qui la composent. Une analyse de la demande, du système dans lequel elle s’inscrit, et de la souffrance éventuelle qui en découle pour les différentes personnes concernées, nous permettra de traiter cet appel complexe.

Quelle est la demande ?

La demande implicite ne se réduit pas à l’énoncé de départ. Si celle-ci est en plus portée par une autre personne, le décalage possible peut davantage s’accentuer. Il faut donc entendre cette demande initiale dans les termes de celui qui nous l’adresse, mais également identifier le problème qui a motivé cet appel.

Qui porte cette demande ?

Mais que dit la personne concernée de cette démarche ? En est-elle informée ? La souhaite-t-elle ? Nous ne pourrons évidemment initier un travail thérapeutique avec cette personne que si elle-même porte une certaine demande ou, a minima, la reprend, même partiellement, à son compte.

Qui est en souffrance ?

Une demande suppose une certaine souffrance de la part d’au moins un des protagonistes. Mais lequel ? La prise en charge demandée pour un tiers peut être une façon pour le proche de dire que le symptôme de l’autre est devenu insupportable pour lui. A nous d’entendre cette souffrance et, le cas échéant, de proposer à ce proche de pouvoir, lui aussi, être suivi par une aide psychologique.

Un problème interactif

Il faudra également envisager la possibilité d’une prise en charge systémique si la demande prend place dans une problématique relationnelle complexe. A ce moment, toutes les personnes concernées par le problème peuvent s’engager dans un travail thérapeutique.

Qui rencontrer ?

Toute la question est là. Ce premier appel, on le voit, peut déboucher sur différentes options thérapeutiques. C’est au praticien à entendre la complexité de ce qui se joue, pour pouvoir proposer différents angles d’approche, le cas échéant en faisant appel à un collègue.

La prise de rendez-vous

Quoi qu’il en soit, si c’est un travail individuel qui est envisagé, c’est bien sûr la personne qui entame ce travail qui téléphonera pour fixer le moment de la première séance. Point d’intermédiaire dans ce premier pas symbolique car le transfert, précieux entre tous, ne pourrait qu’être bien malmené si l’on n’y prenait garde.

D. Bertrand, psychologue



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