Aide à la jeunesse : 2016, année des grands chantiers

Aide à la jeunesse : 2016, année des grands chantiers

Le secteur de l’Aide à la jeunesse fera l’objet de plusieurs dossiers prioritaires en 2016. Un nouveau décret prévoit des modifications de fond : renforcement de la prévention, volonté de déjudiciarisation, plus de droits pour les jeunes et de gros changements dans les Maisons de justice. Une année chargée pour le Ministre Madrane !

Comme nous l’avons déjà plusieurs fois souligné, suite à la 6e réforme de l’État, la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) a reçu l’attribution de nouvelles compétences, en matière de protection de la jeunesse. Elle est aujourd’hui chargée de déterminer la nature et l’organisation des mesures qui peuvent être adoptées à l’égard des mineurs auteurs d’infractions. Afin de mener à bien cette nouvelle mission, un avant-projet de décret relatif à la Protection de la Jeunesse, est en cours de concertation avec le secteur, avant de poursuivre son parcours législatif durant cette année et modifier le décret de 1991.

Nouvelles mesures pour la jeunesse

Parmi les nouveautés du texte, citons notamment :
- le renforcement de la prévention, qui est amenée à devenir une politique spécifique et distincte du dispositif de l’Aide à la jeunesse en soi.
- la déjudiciarisation. Un gros chantier et fil rouge du nouveau décret, qui entend rendre à chacun les missions qui lui sont propre. Par exemple, lorsque les problèmes sont de nature sociale, ce sont les instances sociales qui seront sollicitées en vue de trouver une solution et non le pouvoir judiciaire.
- le renforcement des droits des jeunes.
- l’âge du placement en IPPJ : seuls les jeunes âgés de plus de 14 ans pourront être placés, soit en régime fermé ou ouvert.
- les conditions permettant au tribunal de se dessaisir seront renforcées. Travailler la citoyenneté La FWB axe aussi franchement sa nouvelle politique sur la valorisation de la citoyenneté. Pour toucher au plus près la jeunesse, un outil web interactif sera créé d’ici la fin du premier semestre, afin d’impliquer les plus jeunes dans ce débat, mais aussi réaffirmer les droits et devoirs de chacun dans la société. Un outil qui devrait s’avérer utile pour les acteurs du secteur de la jeunesse également.

Le chantier des Maisons de justice

En ce qui concerne les Maisons de Justice, deux projets phares émergeront en 2016 :
- La création d’un centre de ressources et d’aide aux personnes confrontées à des phénomènes de radicalisation violente. Ce centre de prévention, qui emploiera une quinzaine de personnes (psychologues, travailleurs sociaux, criminologues), aura pour mission d’améliorer la prise en charge individuelle des personnes confrontées à des phénomènes de radicalisation violente. L’aide pourra aussi être apportée aux proches, de même qu’aux intervenants de première ligne, ainsi que dans le cadre d’une décision judiciaire.
- Le projet pédagogique et le nouveau décret pour le centre de dessaisis de Saint-Hubert (transféré aux Maisons de justice). Dans le cadre de la 6e réforme de l’État, les Centres Fédéraux Fermés pour Jeunes seront communautarisés. La FWB est concernée via le centre fermé de Saint-Hubert et cela nécessitera l’élaboration d’un nouveau décret pour régir le statut interne des dessaisis. D’autre part, il y aura également la mise en place d’un projet pédagogique et éducatif. Objectif général : faire du centre communautaire un établissement de transition pour jeunes adultes, dans le but d’élaborer pour chacun, un un projet individuel visant la réinsertion. Il s’agit d’un véritable changement de cap et de politique, car ces jeunes qui étaient jusqu’à présent soumis à un régime pénitentiaire proche de la prison, seront désormais pris en charge dans un objectif de réinsertion.

Sandra Evrard

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