La jeunesse française désabusée ... et prête à exploser

La jeunesse française désabusée ... et prête à exploser

Cécile Van de Velde, sociologue de la jeunesse (EHESS, Paris) a dirigé avec Camille Peugny une grande enquête en ligne « Génération quoi ». Menée en France auprès de plus de 200.000 jeunes, elle dresse le portrait des 18-34 ans, une génération en souffrance.

Cécile Van de Velde était en juin dernier l’invitée de la Fondation Benoît pour parler des principales tendances qui se dégagent de cette enquête.

La jeunesse française sacrifiée

De leur grande enquête menée en automne 2013 auprès des jeunes Français, il ressort que la jeunesse se sent « sacrifiée » et « perdue ». Et leur vision d’avenir n’est pas rose : seulement 25 % des 18-25 ans ont la conviction que leur vie sera meilleure que celle de leurs parents. 45 % en revanche présagent qu’elle sera pire et 29 % qu’elle sera semblable. 1/3 des jeunes interrogés pensent qu’ils connaîtront la crise toute leur vie.

« On ne peut compter que sur soi-même »

Autre grande conclusion à retenir de cette enquête : ¾ des personnes interrogées confient avoir besoin de reconnaissance. Sentant que la société n’est pas capable de leur offrir ce qu’elle désire, la jeunesse française évolue vers un modèle libéral et se comporte en « jeunes entrepreneurs ». Méfiante par rapport aux institutions politiques (46%), religieuses (60%) et médiatiques (40%), elle décide de construire son propre chemin. « On ne peut compter que sur soi », pense la majorité des 18-24 ans.

Désir de révolte

Pour sortir du marasme, ils optent pour 3 options. D’abord, la sortie. Face au manque de possibilités qui leur sont offertes en France, ils sont prêts à quitter leur pays. 24 % ont ainsi déclaré : « Dès que je peux, je me barre ». Une deuxième possibilité dégagée dans les résultats de l’enquête est la loyauté : les jeunes restent chez leurs parents plus longtemps, ou prolongent leurs études. Enfin, les jeunes désabusés sont prêts à prendre la parole, comme le Mouvement des Indignés par exemple qui a crié son mécontentement notamment sur la question de l’emploi en Espagne et dans d’autres pays européens. 60 % des 20-24 ans, 62% des 25-29 ans et 54% des 29-34 ans seraient prêts à rejoindre un Mouvement de type Mai 68.

Manon Legrand

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Aller plus loin

- Notre dossier de la semaine : Fondation Benoît : tendre l’oreille aux jeunes en panne de projet

- Revoir la conférence sur le site de la Fondation Benoît : http://www.fondationbenoit.be/

- Les principaux résultats de l’enquête ont été publiés dans le Monde en février 2014

- Cécile Van de Velde a publié en 2008 une thèse aux éditions PUF intitulée « Devenir adulte. Sociologie comparée de la jeunesse en Europe ». Elle a reçu le prix Le Monde de la recherche universitaire.



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