Les infirmières seront présentes en nombre à la manif du non-marchand

Les infirmières seront présentes en nombre à la manif du non-marchand

Professionnelles du secteur non-marchand, les infirmières ont annoncé participer en masse à la manifestation nationale organisée ce mardi à Bruxelles. Elles protestent contre la décision de la ministre de la Santé, Maggie De Block, qui projette de supprimer leurs heures d’aménagement de fin de carrière.

Déjà présentes en nombre lors de la première manifestation nationale du non-marchand, les infirmières seront à nouveau au rendez-vous. C’est en tout cas ce que les professionnelles de Liège viennent d’annoncer. Elles feront le déplacement jusqu’à Bruxelles pour clamer leur mécontentement. La ministre De Block est particulièrement visée par les critiques.

L’aménagement de fin de carrière en danger

Née en 2006, la mesure d’aménagement de fin de carrière donne droit à plusieurs jours de repos supplémentaires par an. À partir de 45 ans, les infirmières peuvent prendre 12 jours de congés en plus ; à 50 ans, 24 jours et à 55 ans, 36 jours. Un droit que la ministre de la Santé veut remettre en question en supprimant le premier palier. Une annonce qui a fait grand bruit au sein de la profession. D’autant plus que Maggie De Block voudrait également supprimer les primes liées aux titres des années de spécialisation lors des études d’infirmier. Un manque à gagner de 115 euros net par mois pour les professionnelles concernées.

Atteinte aux conditions de travail

La suppression programmée de ces quelques jours de repos supplémentaires risquera de nuire aux conditions de travail dans la profession. Marianne, une infirmière interrogée par Le Soir, explique : "À 58 ans, on n’est plus comme à 20 ans. Non seulement à cause de la manutention physique des patients, mais aussi parce que la charge de travail a augmenté ces dernières années. Les interventions chirurgicales sont plus longues, plus lourdes, plus exigeantes… et engendrent donc davantage de stress." Elle ajoute : "Les pathologies sont de plus en plus lourdes et la pénibilité est autant physique qu’émotionnelle." "Nous donnons tout, nous sommes performantes, mais nous ne nous sentons pas reconnues. On risque de craquer à terme…", s’inquiète sa collègue Aziza, 43 ans, qui risque de voir ses jours de congés supplémentaires lui filer, de peu, sous le nez.

Une grève inévitable

Pas étonnant donc que les infirmières aient décidé de se rendre en nombre à la manifestation nationale du non-marchand. "Les infirmières ne sont pas de nature grévistes, mais là, elles sont très inquiètes. Beaucoup de non-syndiquées iront aussi manifester", explique au Soir le directeur du département infirmier du CHU de Liège, Eric Maclot. "On leur demande d’en faire de plus en plus, elles acceptent toujours plus et là, on voudrait toucher à leurs avantages…"

La rédaction

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