« Mon intimité, c’est sacré » : un projet pour parler sexualité aux ainés

''Mon intimité, c'est sacré'' : un projet pour parler sexualité aux ainés

La sexualité des ainés n’est pas toujours un sujet facile à aborder. Un nouveau projet, baptisé « Mon intimité, c’est sacré », propose plusieurs modules.

Issu d’un partenariat entre le département Egalité des Chances du CPAS de Mons, le planning Familial La Famille Heureuse, Le planning familial des FPS de Mons, l’Espace Seniors et l’ASBL Tels Quels, le projet « Mon intimité, c’est sacré » propose un volet professionnel et un pour les résidents des maisons de repos. L’objectif est de parler, librement, de l’intimité des résidents. Une première expérience a été menée aux Foyers Saint-Joseph, avec succès. Caroline Garin, responsable du département Egalité des Chances du CPAS de Mons, explique le projet.

Un manque dans les cursus scolaires

Le point de départ du projet a été le constat qu’en Belgique, dans les cursus scolaires, il n’y a aucune matière qui traite de l’intimité des aînés. Au sortir des études, le personnel des maisons de repos se retrouve donc sans aucun outil, face à des situations en rapport avec la sexualité ou l’intimité des résidents. « Par rapport au vécu et aux valeurs de chacun, ces situations peuvent être difficiles à gérer », explique C. Garin.

Différentes thématiques

Le projet cible les résidents et le personnel des maisons de repos. Pour les résidents, la question a été abordée de manière transversale : « Nous leur avons demandé leur représentation de l’amour, comment ils concevaient d’aimer quelqu’un, ce que représentait la sphère relationnelle à leurs yeux… » Par modules, plusieurs questions, dont celle de l’homosexualité, ont été posées. « L’homosexualité, pour la génération actuelle dans les maisons de repos, c’est tabou. Cependant, nous devons tenir compte que la génération de mai 68 va maintenant arriver. Avec son lot « d’expériences passées », qui est certainement plus fourni que celui de leurs prédécesseurs. Il est donc important de pouvoir en parler librement. »

En pratique : les modules

Sur le terrain, une première expérience a eu lieu aux Foyers Saint-Joseph. Le projet s’est traduit par différents modules : un pour les résidents et un pour les professionnels.

« Pour les résident, nous avons utilisé le photolangage pour définir l’amour, l’intimité. Nous avons également travaillé avec des reportages vidéo, pour déconstruire les préjugés ». Aux Foyers Saint-Joseph, un petit groupe de 8-9 résidents ont participé et « étaient très contents d’être là et de pouvoir parler de ces thématiques à cœur ouvert. Puisque c’est le sujet de l’amour, on replonge dans les souvenirs de ces personnes, qui marquent la vie. »

Le module pour les professionnels traitait du sujet de l’homosexualité notamment, via des mises en situation. « Nous avons également utilisé un reportage de « Questions à la Une », qui était très bien fait sur le sujet et qui nous a permis de fournir des pistes aux professionnels », précise C. Garin.

Quel est l’avenir du projet ?

Actuellement, la première expérience aux Foyers Saint-Joseph a été encourageante et une deuxième va être lancée à La Résidence Léopold, à Ghlin. « Nous avons beaucoup de demandes. Nous allons continuer avec les modules pour quelques années et ensuite en évaluer les retombées. Le projet est très motivant et la collaboration des deux secteurs (administratifs et associatifs) se passe très bien », conclut C. Garin.



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