Pleins feux sur la vie quotidienne en prison

Pleins feux sur la vie quotidienne en prison

Ce samedi démarrent les premières Journées nationales de la prison en Belgique. Organisées sous l’égide du Conseil Central de surveillance pénitentiaire - entouré d’associations œuvrant au respect des droits des détenus - ces journées visent à sensibiliser aux conditions de vie des prisonniers en Belgique.


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Selon la formule d’Albert Camus, « une société se juge à l’état de ses prisons ». Avec son système pénitentiaire en crise, la Belgique est loin de montrer l’exemple : droits des détenus régulièrement bafoués, surpopulation carcérale, vétusté des infrastructures, personnel en sous-effectif et manque d’hygiène... Si les conditions de l’homme dans l’enfermement sont souvent relayées par les média, il n’empêche qu’une certaine méconnaissance voire indifférence du grand public demeure.

Chaque détenu a droit au respect

Et c’est justement pour conscientiser à la réalité carcérale, fréquemment alimentée de fantasmes, qu’une vingtaine d’associations de toutes obédiences (Ligue des droits de l’homme, Liga voor Mensenrechten, Observatoire international des prisons, Aumôneries, Bruxelles laïque, Centre d’action laïque, CAAP etc…) ont lancé les premières Journées nationales de la prison.

« Car la prison fait partie de la société au même titre que l’école ou l’hôpital : elle concerne ou devrait concerner chacun, même s’il n’a jamais été et n’ira jamais en prison », expliquent les organisateurs de l’événement avant d’ajouter qu’un détenu est d’abord et avant tout une personne, il ne peut être réduit aux délits commis et ; son identité, son origine, ses convictions doivent être respectées au même titre que celles de tout citoyen.

Un univers surmédiatisé et pourtant...

En filigrane, l’initiative aborde la responsabilité sociale à propos de la situation dans les prisons ainsi que l’urgence d’une réforme profonde de la politique pénitentiaire « dans le sens d’une vie plus digne pour les détenus et d’une diminution de la récidive ». Et une telle réforme doit nécessairement passer par l’assentiment de l’opinion publique. «  D’où l’importance d’informer le plus objectivement possible la population au monde pénitentiaire belge », soulignent encore les organisateurs.

"Si les gens sont bien informés, ils peuvent changer d’avis. Il faut leur expliquer qu’on peut tous être confrontés à la prison, directement, ou via un ami, un voisin, un membre de sa famille. Des visites organisées dans les nouvelles prisons de Leuze-en-Hainaut et Marche-en-Famenne ont permis au public de mieux se rendre compte de la situation", indique Véronique Laurent, présidente du Conseil central de surveillance pénitentiaire (CCSP).

Vers une prison à visage humain ?

En d’autres mots, les différentes actions de conscientisation qui prendront place en différents lieux en Belgique, du samedi 22 novembre au vendredi 28 novembre, dans le cadre des premières Journées nationales de la prison, visent à un examen de conscience nécessaire face à ce qui ressemble de plus en plus à la partie sombre de notre société. Et à ce propos, le documentaire photographique et sonore « Destination carcérale », réalisé par Laure Geerts du collectif photo Caravane, s’interroge sur comment concilier le rôle punitif de la peine d’emprisonnement à sa valeur pédagogique. Au travers de visages de personnes détenues, d’agents pénitentiaires et de travailleurs sociaux glanés dans plusieurs établissements pénitentiaires belges, elle dénonce l’hypocrisie d’un système carcéral où, comme en témoigne un détenu, quand on sort on est pire que quand on y est rentrés. « Je n’ai jamais vu personne, ou alors vraiment très peu de personnes, qui redeviennent de gentils moutons parce qu’ils ont fait de la prison. »

Et les professionnels du secteur de rappeler l’importance d’articuler la détention autour de services structurants pour les détenus tels qu’un suivi psycho-social ainsi que des activités professionnelles, de formation et de développement personnel.

Delphine Hotua



Commentaires - 1 message
  • Ayant été incarcérée en préventive car j'avais osé tenir tête à l'inspecteur de PJ m'auditionnant tout en orientant très fortement ladite audition, la 1ère réforme à faire se situe déjà à ce niveau où les inspecteurs ne respectent ni la présomption d'innocence ni les Déclaration, Charte et Convention des Droits de l'Homme. Ces abus de pouvoir sont autorisés car seul 1% des magistrats lisent complètement les dossiers leur ayant été confiés. Et en prison, personne ne reçoit le règlement d'ordre intérieur, interprété par chacun des matons comme bon leur semble. Et au vu des économies à faire au SPF Justice, je ne crois pas du tout à l'amélioration des conditions de vie des prisonniers qui constituent un défouloir humain pour certains acteurs émargeant du SPF Justice.

    missyl2007 vendredi 21 novembre 2014 10:10

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